Bruxelles De très jolis exemplaires sont visibles rue de Laeken.

On peut être considéré comme un franc-maçon sans tablier - entendez : un non-initié qui partage cependant pas mal de valeurs avec les frères… - mais sans tablier, il n’y a pas de vrais maçons…

C’est dire l’importance de ceindre le tablier. Jusqu’au 31 octobre, le Musée belge de la Franc-Maçonnerie présente une superbe exposition d’exemplaires des XVIIIe et XIXe siècles, symboles majeurs donc de l’appartenance aux ateliers maçonniques.


Collection exceptionnelle

"Le Tablier maçonnique : au fil du temps et de Fils en Aiguilles" évoque l’art de la broderie desdits tabliers. Il s’agit en fait d’une partie de l’exceptionnelle collection de tabliers déposée au musée par le Chapitre des Vrais Amis de l’Union et du Progrès Réunis (Bruxelles) ainsi que de pièces prêtées par le Musée de la Franc-Maçonnerie de Paris.

L’exposition aborde les techniques de réalisation des tabliers et plus particulièrement la broderie ainsi que l’évolution iconographique de ce symbole cher aux frères.

Parallèlement, le musée accueille diverses activités en lien avec le sujet, dont une conférence et des démonstrations sur l’art de broder.


Passionnée de broderie

"La Broderie : De Fils en Aiguilles" sera donnée par Martine Huybrechts. Une véritable passionnée que cette diplômée en Arts décoratifs à l’Institut de l’Enfant Jésus à Etterbeek… Son témoignage vaut du reste le détour…

"Ma carrière professionnelle dans une grande entreprise est de peu d’intérêt, en revanche je me félicite d’un premier prix de broderie attribué par le Centre de broderie du Hainaut en 1997 !"

Comment en est-elle arrivée à la broderie d’or ? Comme son époux, fumeur, faisait de tout petits trous sur le devant de ses chemises, elle cacha cela en y brodant ses initiales.

"Je me suis alors intéressée à l’héraldique et à toutes les possibilités qu’elle offre. J’ai eu, dans ce domaine-là, l’occasion de réaliser de très beaux blasons. Un jour, on m’a proposé de faire un tablier maçonnique. Je me suis renseignée sur les règles à observer pour le réaliser auprès d’une brodeuse attitrée et qui possédait un atelier de confection de décors maçonniques. Elle m’a aidée pour ce 1er tablier et m’a donné la chance d’apprendre avec elle la technique de la broderie au fil d’or."

Son apprentissage commença en 1984. "A l’époque on estimait que l’apprentissage durait 8 ans ! Ayant quitté l’entreprise qui m’occupait pour élever mon bébé et son grand frère, j’avais du temps à consacrer à ce merveilleux hobby. Cette heureuse période a duré 6 ans. Les aléas de la vie on fait que j’ai replié mon ‘métier’ et repris du service dans le secteur public pour gagner ma vie. Mais au bout de 4 ans, je me suis rendu compte que mes broderies me manquaient beaucoup et je me suis réinstallée un petit coin ‘broderie’ dans mon logis."

Désormais admise à la retraite, Martine Huybrechts consacre plus de temps à son loisir favori. Elle a aussi participé à deux expositions organisées par la commune de Woluwe-Saint-Pierre et est toujours en recherche de motifs et de défis pour la réalisation de création originales.


Le fleuron de Dewez

Pour en revenir au Musée belge de la Franc-Maçonnerie; celui-ci est installé depuis 2011 dans le magnifique Hôtel Dewez au 73 de la rue de Laeken à Bruxelles. Il correspond à une volonté d’ouverture de la part d’une association connue pour sa discrétion. Il cherche, par le biais de vitrines thématiques et didactiques et, dans un souci d’ouverture au grand public, d’information et d’incitation à la réflexion, à rendre la démarche maçonnique compréhensible par tous. Et cela dans un bâtiment néoclassique classé dont la splendeur imaginée par le premier architecte du gouvernement des Pays Bas, Laurent-Benoît Dewez, a pu être restituée à l’édifice.

Rens. : www.mbfm.be