Bruxelles

En 2016, les tarifs de la Stib ont été gelés par le gouvernement bruxellois. Dans l’ensemble, ceux-ci ont été maintenus au niveau de 2015 à l’exception de l’abonnement scolaire qui est passé de 120 à 50 €. Positive pour les usagers du transport public, la mesure satisfait pas le PTB qui plaide pour une gratuité généralisée des transports en commun. Dans l’opposition au parlement bruxellois, le parti d’extrême gauche s’est penché sur l’évolution des tarifs des transports publics en Région bruxelloise de 1993 à 2016. Il ressort de cette étude que les tarifs de la Stib ont évolué plus vite que l’indice des prix à la consommation.

Ainsi, l’abonnement annuel de la Stib coûterait aujourd’hui 405 € par an au lieu de 499 € si les tarifs avaient suivi l’inflation. Tandis que le ticket 1 voyage reviendrait à 1,66 € au lieu de 2,10 € et que la carte 10 voyages s’élèverait à 10,25 € au lieu de 14 €. Le PTB a également calculé que si ces tarifs avaient suivi l’évolution du revenu moyen par habitant, l’abonnement annuel coûterait seulement 390 €.

Toujours selon l’étude du PTB, c’est le prix de l’abonnement MTB (valable pour De Lijn, Tec et SNCB en Région bruxelloise) qui a le plus augmenté entre 1993 et 2016. Son prix a doublé par rapport à l’indice des prix à la consommation. Et alors que le revenu moyen n’a augmenté que de 44,26 % de 1994 à 2016, le prix de l’abonnement MTB a augmenté dans le même temps de 115,13 %.

En ce qui concerne la carte de 10 voyages, le PTB rappelle que ce titre de transport a connu une hausse de 12 % en 2015 puisque l’option Mobib 10 voyages à 12,50 € a été supprimée, imposant aux usagers le passage à l’option Jump à 14 €. Entre 1993 et 2016, la carte de 10 voyages a augmenté de 104 %. Celle-ci coûterait aujourd’hui 10,25 € au lieu de 14 € si les tarifs avaient suivi l’inflation.

Evolution selon les majorités

Enfin, le parti d’extrême gauche s’est concentré sur l’évolution du prix du voyage moyen en fonction des législatures et des majorités. Lors de la période 2004-2012, le prix de voyage moyen a augmenté de 36,9 % alors que le revenu moyen par habitant n’avait augmenté que de 15,7 % et que l’indice des prix à la consommation n’avait augmenté que de 21,5 %. Le PTB souligne que le PS, le CDH et Ecolo faisaient alors partie de la majorité bruxelloise et qu’ils avaient pourtant promis l’introduction progressive de la gratuité des transports lors des élections régionales de 2009.

Même s’il salue la baisse du prix moyen du voyage en 2016 avec la diminution du prix de l’abonnement scolaire pour le premier enfant, le député bruxellois Youssef Handichi estime que "c’est très insuffisant pour relever le défi de la mobilité et de l’environnement".

© IPM

"Baisse généralisée avant la gratuité"

Le PTB plaide pour une baisse des tarifs comme 1re étape de la gratuité. Le parti d’opposition a déposé une résolution au parlement bruxellois pour demander, à court terme, une baisse des tarifs généralisée ainsi que des titres de transport uniques valables pour tous les opérateurs présents en Région bruxelloise. Selon le parti d’extrême gauche, la hausse du prix des titres de transport au-delà de l’indice des prix à la consommation démontre la volonté des autorités publiques de faire de plus en plus payer l’usager individuellement plutôt que la collectivité via les dotations régionales. Pour le parlementaire Youssef Handichi (PTB), le fait de tendre vers la gratuité des transports est une solution tant pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens que pour relever le défi environnemental, en accélérant le report modal de la voiture vers les transports publics. Selon les chercheuses Astrid De Witte et Cathy Macharis, la gratuité est, en effet, un facteur déterminant pour pousser les gens à abandonner leur voiture. Leur étude publiée dans la revue scientifique "Brussels Studies" en 2010 notait la possibilité d’attirer jusqu’à 52 % des automobilistes.