Bruxelles  Ganshoren est la première commune à s’être dotée d’un PLP (Partenariat local de prévention).

En cette période de vacances, la question de la sécurité des habitations lorsque les propriétaires sont absents est souvent posée. S’il est possible de faire une demande auprès de la police locale afin de vérifier que sa maison est en sécurité pendant son absence, d’autres moyens peuvent également être mis en œuvre, comme les services de technoprévention.

Dans un autre volet, les Partenariats locaux de prévention, ou PLP, sont parfois mis en place et les résultats sont à la hauteur des attentes, comme en témoigne le premier PLP de la Région bruxelloise, celui de Ganshoren, qui existe depuis 2012. En six ans, les chiffres des vols dans les habitations faisant partie du PLP ont chuté, passant de 28 en 2012 à à peine deux pour les six premiers mois de 2018. Quant aux tentatives de vol, elles sont passées de 24 en 2012 à une seule en ce début d’année.

Augmenter la protection des habitants

Cet unique PLP en action à Ganshoren est composé des quartiers du Parc Albert, du Bam et des Sorbiers. En tout, ce sont environ 600 maisons et pas moins de 1 200 personnes qui font partie de ce partenariat dont le fonctionnement est régi par une charte et un règlement.

Concrètement, un Partenariat local de prévention a pour but d’échanger des informations afin d’augmenter la protection des habitants contre les vols et les incendies. Pour ce faire, les responsables sont en contact avec la police qui envoie des informations concernant les vols qui se sont produits. Cela permet aux voisins d’ouvrir l’œil et de faire attention à leur habitation. Ces informations sont disponibles sur un site Internet spécialement créé pour le PLP mais accessible uniquement aux membres disposant d’un mot de passe et d’un login. "Sur le site, il y a aussi des conseils pour choisir un bon système d’alarme et d’autres techniques pour protéger sa maison", explique André, membre du PLP de Ganshoren et qui vit dans le quartier depuis 50 ans. C’est lui qui s’occupe de ce site Internet.

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Les informations peuvent aussi circuler dans l’autre sens, du citoyen vers les policiers, lorsqu’une personne se présente sous une fausse identité à un domicile ou que des voitures suspectes rôdent dans les quartiers, par exemple. Mais les PLP, ce ne sont en aucun cas une manière de régler des conflits de voisinage ou de créer une sorte de milice délatrice qui surveillerait les moindres faits et gestes des voisins.

Une baisse de la criminalité dans les quartiers

Des réunions sont également organisées plusieurs fois par an afin de donner des informations sur les assurances, les systèmes de protection, etc. Des policiers et des pompiers y sont régulièrement invités pour donner des conseils et des démonstrations sont même parfois organisées. Le plus difficile à l’heure actuelle est de trouver des bénévoles qui souhaitent prendre en charge la coordination du PLP. "Les gens qui arrivent maintenant ne se rendent pas spécialement compte du besoin d’un tel dispositif", déplore André. Pourtant, avant 2012, 75 % des habitations faisant partie de l’actuel PLP avaient été cambriolées.

En plus d’une action purement basée sur la sécurité, un autre point positif est non négligeable lorsqu’on lance un PLP : "Cela crée un climat de convivialité dans le quartier. Les gens se connaissent, se font confiance. Lorsqu’on part en vacances, on peut laisser la clé à son voisin qui vient relever le courrier et quand une alarme sonne, on va tout de suite voir alors que dans le temps personne ne bougeait", se réjouit André.

Ce point positif, il a également été remarqué à Woluwe-Saint-Pierre qui ne compte pas moins de cinq Partenariats locaux de prévention. "On fait plusieurs rassemblements par an, à Noël ou pour la fête des voisins par exemple. Les gens commencent à se connaître et cela crée un vrai esprit de village", explique un riverain qui admet que le quartier n’est pas le pire en termes d’insécurité.

Les deux communes ont d’ailleurs connu une baisse de la criminalité dans les quartiers dans lesquels les voisins veillent. Et cela pourra sans doute donner des idées, puisque n’importe quel citoyen peut entreprendre la démarche de créer un PLP dans son quartier.