Bruxelles

La présentation de ses voeux est toujours, pour Philippe Moureaux, bourgmestre de Molenbeek, président de la fédération bruxelloise du PS, l'occasion d'émettre des commentaires doux ou amers sur ses amis et ses ennemis.

Oui, il le reconnaît, au niveau local, la coalition dite de l'Olivier (PS, CDH, Ecolo) est celle qu'il préfère. Elle fonctionne très bien à certains endroits (comme à Bruxelles), pas à d'autres (comme à Ixelles). Mais elle n'est pas, dit-il praticable partout. Exemple, à Etterbeek où le PS sera sans doute, si les électeurs le veulent, en coalition avec le MR. «Cela n'est pas indécent de s'allier au MR» clame Philippe Moureaux qui explique et justifie ainsi les rencontres qu'il a eues, récemment, avec plusieurs représentants libéraux, dont le président de parti, Didier Reynders. «Car au MR, précise-t-il, il y a des gens potables et d'autres, qui sont imbuvables... Oui, le MR est un parti démocratique à l'exception d'Alain Destexhe qui ferait mieux de s'affilier au Vlaams Belang.»

Au niveau régional, Philippe Moureaux se dit plutôt heureux de la manière dont Charles Picqué dirige le gouvernement, même s'il dit sa déception au moment de la discussion sur le budget à l'occasion de laquelle une alliance «contre nature» s'est créée contre le PS. «Mais dire que le PS était isolé, c'était faux. Car même quand le PS se retrouve seul contre tous, il représente encore la moitié des Bruxellois...»

Un bémol, cependant au niveau régional. Il souhaiterait que l'opposition soit plus constructive: «Jacques Simonet doit revoir son style, même si, quand il éructe devant les micros et les caméras, il nous fait sans doute gagner quelques centaines de voix...»

Regrettant l'image que Bruxelles a souvent dans les deux autres régions du pays, en Wallonie notamment où l'on croit, à tort, que la majorité des Bruxellois sont des gens riches, Philippe Moureaux a souhaité que les francophones se préparent sérieusement aux négociations institutionnelles de 2007. Il voudrait que les francophones mesurent bien ce qui, dans cette négociation, sera stratégique et ce qui sera symbolique. Car il regrette que lors des négociations sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, les francophones se soient peut-être un peu trop attachés aux symboles. L'échec de ces négociations, dit-il, n'était nullement une victoire pour les francophones.

Il précise: «En ce qui concerne les prochains pourparlers, je ne souhaite pas toucher aux statuts des Flamands de Bruxelles. Mais si les Flamands veulent moins de Belgique, il faudra négocier les garanties dont ils disposent à Bruxelles.»

© La Libre Belgique 2006