Bruxelles

C’est un projet de longue haleine qui est en passe de voir le jour à la ville de Bruxelles. Après deux ans de travail et 200 000 euros investis pour sa réalisation, le bourgmestre Freddy Thielemans (PS) et l’échevin de la Mobilité Christian Ceux (CDH) ont présenté les grandes lignes du fameux plan communal de mobilité. Un plan qu’il faut encore qualifier de projet puisqu’il sera présenté en deux temps à la population, le 13 mars à l’hôtel de ville et le 15 à l’athénée Bockstael.

"La mobilité est LA grande question urbaine", a rappelé Freddy Thielemans. "Il n’y a pas une ville au monde qui ne soit pas confrontée à cet enjeu." Or, à Bruxelles-Ville, territoire vaste et disparate aux frontières incohérentes, aucune stratégie globale visant à coordonner la mobilité n’avait été mise en place jusqu’à présent.

C’est désormais chose faite. Après un état des lieux de la situation quartier par quartier, les autorités de le ville sont prêtes à proposer un plan d’action global visant à optimiser les déplacements des Bruxellois, avec en ligne de mire la voiture, qui doit petit à petit céder du terrain aux modes de déplacement alternatifs : transports en commun, vélo et marche à pied. "La circulation automobile et le stationnement ont longtemps dominé l’espace urbain au détriment des autres modes de déplacement et du déroulement des activités qui font vivre la ville", expliquent Freddy Thielemans et Christian Ceux. Le plan communal de mobilité va chercher à rééquilibrer la balance.

Et puisqu’un quart des trajets à Bruxelles font moins d’un kilomètre, "il faudra désormais penser la ville en fonction du piéton", disent-ils. Le vélo sera aussi privilégié par les autorités communales qui souhaitent que 15 % des déplacements en ville s’effectuent à vélo d’ici 2020. A cette fin, par exemple, les voies latérales de l’avenue Louise feront l’objet d’un lifting pour améliorer le confort et la sécurité des déplacements à pied et à vélo. Au bois de la Cambre, il est prévu de limiter la circulation automobile à une seule partie du bois.

Quand au pentagone, la circulation y sera pensée en forme de "boucles". On y entrera par une des portes d’entrée de la petite ceinture et on sera immédiatement dirigé vers un parking, ceci afin d’éviter les déplacements de transit au centre-ville.

On trouve la même logique dans la partie nord de la ville, où les autorités ont l’idée de créer un parking de délestage à la sortie de l’autoroute A12. Un tram permettrait aux automobilistes de rejoindre ensuite le centre-ville. "Le transport en commun doit être la colonne vertébrale de la mobilité à Bruxelles", estime le bourgmestre. Mais pour décourager les automobilistes de prendre leur voiture, il faudra avant tout songer à réduire les places de stationnement. "Nous avons 160 000 places de stationnement sur le territoire de la ville", indique Christian Ceux. "C’est un chiffre anormalement élevé." Car plus l’offre de stationnement est bonne, plus la circulation automobile est encouragée.