Bruxelles

La Fédération des Parkings de Belgique (FPB) a demandé, mardi, à la ministre bruxelloise de l'Environnement et de l'Energie, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), de réévaluer avec les représentants du secteur son projet d'ordonnance visant à supprimer 20.000 à 25.000 places de parking de bureau en Région bruxelloise d'ici 15 ans.

Philippe Pivin, le vice-président du MR bruxellois, a également fait part, mardi, de son opposition à ces mesures qui risquent, selon lui, d'handicaper l'essor économique de Bruxelles. Cette mesure controversée devrait être exécutée à travers le Cobrace, le nouveau code bruxellois de l'air et de l'énergie, actuellement en troisième lecture au gouvernement.

Lundi, Evelyne Huytebroeck a avancé que la suppression de ces emplacements prioritairement dans les services publics diminuerait la congestion automobile qui découragerait les entreprises à rester à Bruxelles. Entre 10.000 et 15.000 des places supprimées devraient être ouvertes au public. (Voir ci-dessous)

Au contraire, pour la FPB, cette mesure présente des risques réels pour le développement de Bruxelles, notamment en terme d'emploi. Elle craint une délocalisation des entreprises basées à Bruxelles où le taux de chômage dépasse les 20%. Elle met également en avant le risque d'une sécurité à deux vitesses pour les parkings publics.

Relevant la révision de 55.000 à 25.000 places supprimées et les incohérences avec le plan Iris II, les enjeux économiques bruxellois et les investissements dans les transports en commun, Philippe Pivin estime le projet Cobrace peu préparé.

25 000 emplacements de parking supprimés

Les automobilistes le savent, il est plutôt rare de pouvoir tester la puissance de son moteur aux heures de pointe à Bruxelles. Embouteillages, congestion des grands axes, on frôle plus régulièrement la vitesse de l’escargot que celle du TGV, même au volant d’une grosse cylindrée.

D’après une étude réalisée en 2012 par les fabricants de GPS, Bruxelles figurerait dans le "Top 5" des villes européennes les plus embouteillées. En cause, bien sûr, le nombre de véhicules trop importants qui y circulent quotidiennement (près de 370 000 aux heures de pointe). Des véhicules occupés bien souvent par des navetteurs qui se rendent à Bruxelles pour le travail, et qui regagnent la Wallonie ou la Flandre une fois la nuit tombée.

Faute de politique volontariste, il y a fort à parier que cette congestion automobile ne fera que s’aggraver dans les prochaines années. C’est la raison pour laquelle le gouvernement bruxellois a décidé d’agir, en travaillant notamment sur la gestion des espaces de stationnement. "Alors que l’on constate un déficit d’emplacement de parkings dans certains quartiers, on constate au contraire un excès de parkings dans les immeubles à bureaux" , explique Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ministre de l’Environnement en Région bruxelloise. Pour décourager l’usage de la voiture dans les trajets domicile-travail, la Région a donc décidé de limiter le nombre de places de parkings hors voirie des immeubles à bureaux.

Concrètement, entre 20 000 et 25 000 devraient être supprimées dans les quinze prochaines années. Pour y parvenir, il est prévu d’appliquer progressivement aux immeubles de bureaux existants les normes déterminant le nombre d’emplacements de parkings par mètre carré qui sont déjà d’application aux bâtiments neufs depuis 1998.

Permis d’environnement

Cette application se fera au moment où l’entreprise propriétaire de l’immeuble devra renouveler son permis d’environnement. Plusieurs alternatives lui seront alors proposées : mettre les emplacements de parkings excédentaires à disposition du grand public, les réaffecter à de nouvelles activités, ou encore s’acquitter d’une charge environnementale. "Cette mesure permet finalement de respecter un critère d’équité" , poursuit Evelyne Huytebroeck. Désormais, les normes appliquées aux bâtiments construits avant 1998 seront en effet les mêmes que celles appliquées à ceux construits après cette date.

Sur les 750 000 places de stationnement dénombrées dans la capitale par Bruxelles Mobilité en 2011, 24 %, soit 181 400, sont des emplacements de bureaux. Et si 20 000 à 25 000 d’entre elles sont amenées à disparaître, la Région estime que 10 000 à 15 000 de ces places devraient, en réalité, être ouvertes au public.

Cette nouvelle mesure devrait, au final, entraîner une baisse de la congestion automobile de 10 %, estime le gouvernement bruxellois.