Bruxelles Alors qu’un nouveau plan Taxi doit être présenté en mai, le secteur fait part de ses nombreuses inquiétudes.

Plus de deux ans après la première mouture de son Plan Taxi, le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) a fait savoir qu’un nouveau plan serait présenté aux membres du gouvernement régional dans le courant du mois de mai. La précédente version de ce plan qui visait notamment à établir un cadre législatif favorable à la firme Uber avait été rejetée par le PS.

Que prévoit cette seconde version ? Selon nos confrères de "L’Echo", le ministre Smet entend gommer la distinction entre les taxis classiques, les limousines et les voitures Uber pour les soumettre à des règles similaires. Il serait également question de ne plus attribuer des licences aux véhicules mais plutôt de les accorder de manière individuelle aux chauffeurs. Enfin, le compteur numérique serait remplacé par une application enregistrant toutes les courses et les chauffeurs pourraient fixer librement leurs tarifs, compris dans une certaine fourchette.

Alors que le ministre Smet refuse de commenter cette fuite, le front commun des Taxis bruxellois s’est réuni mardi pour dénoncer cette tentative de libéralisation du secteur. "Dans son plan initial, le ministre annonçait vouloir mieux distinguer la location de voiture avec chauffeur des taxis afin d’éviter une concurrence déloyale des limousines effectuant des trajets taxis clandestins. En annulant cette distinction, le ministre se plie aux exigences d’Uber qui utilise actuellement des licences limousines pour contourner la législation taxi", estime le front commun des Taxis bruxellois.

"Vers la fin du salariat"

"Pascal Smet va tirer l’ensemble du secteur des taxis vers le bas ! Le fait d’accorder des licences aux chauffeurs et non plus par véhicule entraînera la fin du salariat. Chaque chauffeur devra assumer les charges sociales, les frais liés au véhicule, les assurances spéciales. On se dirige vers une précarisation du secteur", dénonce Sam Bouchal, porte-parole de la Fédération belge des taxis, qui craint également que cette réforme enclenche une guerre des prix.

"Les plateformes de mise en relation avec les clients vont tirer les prix vers le bas avec un avantage pour la société Uber qui est capable de travailler à perte durant des années. Une fois seule sur le marché, celle-ci pourra pratiquer le ‘surge pricing’consistant à augmenter très fort les tarifs en cas de pic de demande", ajoute-t-il.

Les associations professionnelles d’exploitants et les syndicats regroupés au sein du front commun accusent le ministre Smet de s’adonner à un simulacre de concertation. Alors que le comité consultatif des taxis n’a plus été convoqué depuis deux ans, une réunion doit avoir lieu ce mercredi pour discuter du nouveau plan. "Si le ministre veut vraiment faire approuver son plan en mai, cela vous donne une idée de sa vision de la concertation… Nous n’avons pas envie d’être enfermés dans un calendrier sans réelle possibilité de dialogue", conclut le Front commun.