Piccard, aéronaute-philosophe

Christian Laporte Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Bertrand Piccard sera à Bruxelles, le 6 septembre prochain. Avec le concours de "La Libre" et à l’initiative des Equipes Saint-Michel qui mettent la personne ayant un handicap mental au cœur d’activités organisées par des jeunes - dont notamment des pèlerinages -, le célèbre aérostier-aéronaute suisse mais qui a beaucoup de liens avec la Belgique lèvera un coin du voile sur une facette de sa personnalité beaucoup moins connue mais pas pour autant moins intéressante, tout au contraire.

Le recordman du tour du monde en ballon sans escale et infatigable promoteur du Solar Impulse qui est aussi un psychiatre apprécié à Lausanne n’est pas qu’un sportif accompli et un scientifique éclairé. C’est aussi un homme qui par ses diverses expériences aux limites du possible s’interroge aussi beaucoup sur le sens de l’existence.

Baignant dans un univers dominé par les recherches de son grand-père Auguste et de son père Jacques, Bertrand Piccard s’est ouvert à la spiritualité par sa mère comme il le rappelait dans un entretien accordé à l’auteur de ces lignes. "Elle s’est beaucoup tournée vers la psychologie, la philosophie et toutes les formes de spiritualité. Cela a permis d’équilibrer le volet plus scientifique de mon éducation. Je n’ai jamais pensé que la science pouvait tout résoudre, tout expliquer. Mais elle est importante, pour autant que celui qui l’utilise ait également des visées spirituelles."

Et Dieu dans tout cela ? "Mon Dieu est celui qui a créé les hommes mais pas celui que les hommes ont fabriqué pour se rassurer de leurs angoisses existentielles. Le problème des religions est qu’on veut amener Dieu au niveau de l’homme pour le comprendre et qu’on lui donne des émotions humaines. Pour moi, on ne peut parler de Dieu qu’en langage divin. Et il faudrait appliquer ce qu’il nous apprend : la tolérance et la compassion mais aussi les manières pacifiques de vivre. Ce n’est malheureusement pas ce que fait généralement la religion, qui reste un des principaux moteurs d’exclusion, de terrorisme, de guerre. Je préfère plutôt parler de spiritualité que de religion. Si la religion a tendance à amener Dieu au niveau de l’homme, la spiritualité vise à amener l’homme au niveau de Dieu."

Il était évidemment tentant de demander à Bertrand Piccard si lors de ses exploits, et notamment lors de son tour du monde, il avait rencontré le Créateur là au-dessus

"Non, mais on l’a ressenti. Plus particulièrement dans les moments où tout ce que nous avions pu construire ne suffisait plus. D’où "la main invisible". Nous avions indéniablement le ballon le plus sophistiqué, le plus intelligemment construit, les meilleures conditions météorologiques dont on puisse rêver. Mais cela ne suffisait pas pour réussir, il fallait aussi ce qu’on pourrait appeler le destin, la chance, la providence Ou "la main invisible". Nous l’avons appelé ainsi afin que tout le monde puisse s’y reconnaître sans verser dans le dogmatisme. Il s’agit plutôt de comprendre qu’il y a un monde supérieur à celui de l’être humain."

Cartes en prévente. Renseignements : www.equipesstmichel.org/Piccard/informations.html.

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