Bruxelles La société serait "en train d’imploser", entend-on en interne. Le Président, Michel Eylenbosch (MR), répond aux critiques.

"La société est en train d’imploser. Vous ne vous imaginez pas le nombre de plaintes qui ont été déposées." Laurent (prénom d’emprunt) est un proche du Logement molenbeekois, société immobilière sociale qui possède 3.250 logements sociaux dans la commune dirigée par Françoise Schepmans (MR).

Et il n’est pas le seul à exprimer (anonymement) son écœurement. "Cela fait près de 15 ans que cela tourne en vrille", poursuit-il. Cela se passait déjà mal du temps où le bourgmestre PS Philippe Moureaux était aux commandes. Mais visiblement, les choses ne se sont pas améliorées. Avec l’arrivée de Françoise Schepmans au maïorat, la présidence a été reprise en juin 2013 par Michel Eylenbosch, MR également.

"Depuis plusieurs années, les plaintes n’arrêtent pas", poursuit Laurent. Cela va du harcèlement au licenciement abusif en passant par la non-conformité à la réglementation de la sécurité du travail. Un employé a ainsi retrouvé une souris dans son sandwich. Un gardien du logement a, lui, déposé plainte auprès du tribunal du travail après avoir été licencié, selon lui, sans raison valable. Et il a obtenu 18.600 euros de remboursement. La société a fait appel. Martine (prénom d’emprunt) s’est, elle, fait licencier du jour au lendemain. Elle a ensuite menacé de révéler ce qu’elle savait, notamment ces locataires qui étaient avantagés. Elle a, depuis, été réintégrée dans les équipes.

Selon les chiffres de Laurent, ces plaintes sont déposées en premier lieu auprès des syndicats (25), ensuite auprès de l’Arista (22) qui est le médecin extérieur ou encore le tribunal du travail. En tout, la société de logement aurait fait l’objet de 81 plaintes entre 2015 et 2017. Un chiffre que conteste Michel Eylenbosch. "Il n’y a que trois plaintes officielles", nous a-t-il dit. Pour ce qui est de la plainte auprès du tribunal de travail, "la procédure a été lancée en 2012 avant que je ne sois en place", précise-t-il.

Autre élément du malaise : les décomptes des charges et donc les remboursements, qui ne sont plus exécutés depuis 2014. "Il n’y a plus personne pour faire le calcul", entend-on. "On a perdu un an et demi avec la mise en route du nouveau système informatique. Les charges pour 2014 de certains bâtiments ne sont pas tout à fait en ordre. C’est en voie de se résoudre", répond M. Eylenbosch. Lequel fait un lien entre le malaise actuel et le licenciement, en décembre 2016, du directeur technique, en place depuis 33 ans. Licenciement "qui a été mal digéré par le personnel". Pour faire face à cette crise, un audit a été fait par la société Id’s@work. "Des mesures ont été prises, mais le travail n’est pas terminé", reconnaît Michel Eylenbosch.