Bruxelles Leur nombre n’est plus passé sous la barre du millier depuis 2005.

Mardi dernier, une jeune femme de 28 ans a perdu la vie, fauchée par une voiture en traversant la chaussée d’Haecht, à Schaerbeek. Stéphanie Verbraekel qui travaillait pour un journal flamand a succombé sur place à ses blessures. Quant au chauffeur qui ne conduisait pas sous influence de l’alcool ou de stupéfiants, il a été relaxé après audition.

Vendredi soir, une veillée était organisée en hommage à la jeune femme mais aussi pour évoquer la sécurité routière en Région bruxelloise. "Nous n’acceptons plus que des personnes en parfaite santé laissent la vie dans notre trafic. Nous demandons des mesures qui mettent fin à cette situation", a déclaré le nouveau collectif Stop chaussée de Haecht.

Même si l’accident ne devait pas donner lieu à de quelconques suites judiciaires, il a suscité un émoi important au sein de la population. Nombreux sont les témoignages de citoyens qui dénoncent la vitesse excessive en ville et le risque quasi quotidien d’être fauché par une voiture.

Ni mieux ni moins bien

En se penchant sur les chiffres, on constate que si la situation n’empire pas, celle-ci ne s’améliore pas non plus. Entre 2015 et 2016, le nombre de piétons victimes d’accidents de la route a certes légèrement baissé en passant de 1 141 à 1 114 tandis que le nombre de personnes décédées sur place a même diminué de moitié en passant de 11 à 5.

Mais en observant les chiffres de l’IBSR sur une période plus longue, on se rend compte que le nombre de piétons blessés annuellement en Région bruxelloise n’est plus repassé sous la barre symbolique du millier depuis 2005. Depuis une décennie, le nombre de piétons victimes d’accidents demeure donc assez stable, variant entre 1 066 (en 2008) et 1 177 (en 2009).

Sensibilisation sur la vitesse

De nombreuses compétences en matière de sécurité routière ont été transférées du Fédéral vers les Régions dans le cadre de la 6e Réforme de l’Etat. A Bruxelles, c’est la secrétaire d’Etat Bianca Debaets (CD&V) qui est en charge de cette matière. Interrogé sur les mesures prises pour la sécurité des piétons, son cabinet rappelle que des radars Lidars et des moyens financiers sont mis à disposition des zones de police afin de pouvoir réaliser davantage de contrôles de vitesse. L’an dernier, un subside de 2 millions d’euros a également été accordé aux communes pour effectuer des aménagements permettant d’améliorer la sécurité routière sur des voiries communales (trottoirs, ralentisseurs…). En outre, des campagnes de sensibilisation sur la vitesse ont été menées. A l’avenir, les résultats de l’étude des zones les plus accidentogènes devra permettre de sécuriser certains points noirs.

Dans l’opposition, les Verts réclament des mesures plus drastiques comme la généralisation de la limite à 30km/h en ville.