Bruxelles Deux écoles dites "plurielles" luttent contre le manque de diversité en classe.

Ce lundi, une étude du Centre interfédéral pour l’égalité des chances prouvait que les discriminations sociales étaient parfois reproduites dans les écoles, plus particulièrement dans les conseils de classe.

A Molenbeek, deux écoles secondaires dites "plurielles" ont récemment ouvert dans le but de combattre ce genre d’inégalités. Le projet de l’école Maritime et de l’école Karreveld est de développer, dans l’enseignement officiel subventionné, un enseignement à pédagogie active dans des quartiers présentant une mixité sociale élevée, pari ambitieux s’il en est.

Dans les deux écoles, dont le projet pédagogique a été pensé par le collectif de professeurs "L’école ensemble", de nombreux dispositifs spécifiques ont été mis en place pour qu’aucun élève ne soit oublié, et que chacun participe au développement de l’école.

Le processus le plus impressionnant reste celui des "après-midi de différenciation", qui consistent en une heure obligatoire et deux heures volontaires de travail autonome quatre fois par semaine. "Les professeurs travaillent avec les élèves de manière différenciée, c’est-à-dire en fonction de leur niveau", explique Julie Moens, directrice de l’école Maritime et présidente de l’ASBL L’école ensemble. "Un élève qui a du mal dans une matière recevra des exercices spécifiques pour s’améliorer, et un autre qui est plus avancé pourra se dépasser lors de ces séances."

Une implication des professeurs

Deuxième moyen important pour lutter contre les inégalités : le mode d’évaluation. Aux écoles Maritime et Karreveld, comme dans d’autres écoles à pédagogie active, les points sont proscrits. "Du coup, un élève issu d’un milieu considéré comme aisé et présentant des facilités peut avoir la même mention ‘en progression’ que quelqu’un venant d’un milieu plus populaire s’il a lui aussi fait les efforts que l’on attendait de lui", explique encore Julie Moens.

Aussi, afin de mener ce projet à bien, il est indispensable, pour la direction, de pouvoir compter sur une implication des professeurs plus importante que dans une école traditionnelle. Non seulement au cours des heures facultatives des après-midi de différenciation, mais également lors des nombreuses réunions nécessaires à une réelle cohésion pédagogique.

Enfin, les écoles plurielles ont mis en place un système de conseils hebdomadaires, organisés tous les vendredis après-midi et permettant aux élèves de participer à l’amélioration de leur école. "Chaque classe y discute des éventuels problèmes à améliorer en son sein", explique Julie Moens. "L’occasion de faire un bilan de la semaine et de chercher des solutions."