Bruxelles Grâce à de nouvelles techniques, cela devrait permettre de mieux cerner l’évolution urbanistique de la capitale.

Les chercheurs du CReA-Patrimoine de la faculté de philosophie et sciences sociales de l’ULB vont bientôt sonder le sous-sol de la Grand’place. En recourant à deux techniques innovantes : le radar-sol et la prospection électrostatique. Des techniques non invasives pour mieux comprendre l’évolution urbanistique du cœur de notre capitale au fil des siècles. Leur étude ciblera le sous-sol de la Grand-Place (qui appartient au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998) mais aussi les rues avoisinantes (de la Colline, Charles Buls, de la Tête d’Or, au Beurre, Chair et Pain, des Chapeliers) ainsi que le porche d’entrée et la cour de l’hôtel de ville.

Un travail auquel seront associés deux équipes françaises, une de l’université Paris VI, l’autre du laboratoire d’archéologie de l’Ecole normale supérieure de Paris. Entre le 14 et le 19 mai, sous la conduite d’un opérateur, les instruments balaieront les zones étudiées par bandes d’un mètre de large. Ces techniques nouvelles innovent par la grande netteté de leurs images. Avec la conséquence qu’on pourra réaliser rapidement une cartographie tridimensionnelle des structures et des objets enterrés sous le cœur historique de Bruxelles. Cette carte 3D permettra aussi de mieux comprendre l’évolution topographique de cet ensemble de bâtiments au fil du temps, avant l’établissement définitif du niveau actuel, daté de 1695. Mieux : la détection et la cartographie de structures maçonnées enfouies devraient faire comprendre l’évolution de la formation des grands marchés et topographier des bâtiments disparus qui auraient disposé de caves ou de salles basses. La nouvelle étude complètera les recherches déjà menées par l’ULB sur place comme l’étude des caves des bâtiments et les fouilles physiques sur le terrain, d’autre part. Récemment, le CReA-Patrimoine avaity péré à la Rue d’Une Personne, une impasse proche de la Grand- Place.

La campagne s’inscrit dans le cadre de la prospection archéologique urbaine (Brussel Archaeological Survey - BAS), lancée en janvier 2017 suite à un partenariat entre l’ULB, la direction des Monuments et des sites de la Région Bruxelles-Capitale et la Ville de Bruxelles. Il s’agit d’étudier de manière approfondie les secteurs non bâtis de Bruxelles pour mieux comprendre l’évolution de l’urbanisme, de son origine au XIXe siècle grâce à des méthodes de prospections géophysiques de pointe. Cette technique de prospection géophysique appliquée à l’archéologie d’une capitale européenne est vue comme une "première" très importante sur un plan scientifique et une avancée historique sur la genèse de Bruxelles.Christian Laporte