Bruxelles

Chaque année, Bruxelles-Ville débourse 4 millions d'euros pour entretenir le Stade National, en pure perte

"Dès le début, le choix aurait dû être la rénovation du stade Roi Baudouin", a déclaré ce matin le vice-Premier ministre et président de la fédération bruxelloise du MR Didier Reynders sur les ondes de La Première. "Il aurait peut-être fallu en appeler au gouvernement fédéral dès le début", a-t-il poursuivi, avant pointer de s'interroger sur le choix d'un site en territoire flamand. Ces questions, l'exécutif bruxellois les a bien évidemment posées en amont de toute prise de décision. Il se les pose, au même titre que le gouvernement fédéral depuis 1985 et le drame du Heysel. Plusieurs études avaient étudié toutes les pistes. Sans succès, pour des raisons avant tout budgétaires.

Une démolition-reconstruction bien trop chère

Dix ans plus tard, soit en 1995, une étude avait estimé le coût de la démolition du stade Roi Baudouin à plus ou moins 300 millions de francs belges, soit environ 7,5 millions d'euros rien que pour le raser. Déjà, le maintien au normes du Roi Baudouin pour l'Euro 2000 avait été fait "avec des bouts de ficelles", confie une source proche du dossier. La question d'une démolition-reconstruction au frais des contribuables avait tout de même été mise sur la table à l'époque. Le gouvernement fédéral comme les entités fédérées avaient toutes estimées qu'un tel projet était beaucoup trop cher, surtout s'il à financer sur les deniers publics. Raison pour laquelle, Région bruxelloise et Ville de Bruxelles ont décidé de confier la construction et l'exploitation d'un nouveau stade, sur un nouveau site à des investisseurs privés.

Pourquoi Grimbergen ?

Le choix d'installer l'Eurostadium sur parking C, en territoire flamand, n'était pas le premier choix de la Ville de Bruxelles. Avec la Région, plusieurs sites avaient été analysés. Citons pour l'exemple Bruxelles-Formation, certains terrains le long du canal ou l'ancien site de l'Otan, etc. Mais il fallait entrer dans l'agenda de l'Euro 2020. Soutenue par l'Etat fédéral, la Région flamande, la Région bruxelloise et la Ville de Bruxelles, la Fédération belge de football avait porté sa candidature pour l'accueil d'un ou plusieurs matches. Seul le site du parking C du Heysel remplissait les conditions nécessaires à la construction d'un stade aux normes UEFA dans les temps.

Un coût d'entretien exorbitant

Chaque année, la Ville de Bruxelles dépense environ 4 millions d'euros pour pour assurer les frais de fonctionnement, d'entretien et de rénovation du stade Roi Baudouin. En pure perte puisque ce stade n'est plus aux normes UEFA depuis des lustres (il bénéficie d'une dérogation). Cette somme, la Ville de Bruxelles a décidé de l'engager dans l'exploitation du nouveau stade. Son objectif : tirer des bénéfices en terme de visibilité via une présence garantie sur les lieux, un droit de regard sur les manifestations organisées par l'opérateur privé; mais aussi mettre de stade à disposition des jeunes Bruxellois tant pour son utilisation lors d'événements particuliers ou via des places pour les clubs locaux lors de matches, etc.