Bruxelles

Les avocats de la partie civile ont plaidé, jeudi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, la condamnation des "princesses du Conrad" avec des dommages moraux de l'ordre de 2.500 euros à 7.500 euros pour les quelque 15 victimes constituées partie civile. Une princesse des Emirats arabes unis, sept de ses filles et un de leurs majordomes sont prévenus pour avoir maltraité une vingtaine de femmes qu'ils employaient, en 2008, à l'hôtel Conrad (aujourd'hui Steigenberger) à Bruxelles. Les différents avocats de la partie civile ont pris la parole pour leurs clientes, jeudi matin, et ont plaidé la condamnation des prévenus, absents au procès. Ceux-ci, la princesse arabe Sheikha Hamda Alnehayan, sept de ses filles et l'un de leurs majordomes, sont néanmoins représentés par des avocats.

Les conseils de la partie civile ont réclamé des dommages moraux de l'ordre de 2.500 euros à 7.500 euros pour les victimes, mais aussi des dommages matériels en fonction des jours de travail prestés, pouvant se chiffrer à environ 100.000 euros pour certaines victimes.

Pour justifier leurs demandes, les avocats ont rappelé les conditions dans lesquelles les victimes ont séjourné à l'hôtel Conrad en 2008, au service de la famille princière en question.

"Elles dormaient sur un matelas, par terre, au pied des portes des chambres des princesses. Elles devaient être disponibles 24 heures sur 24 et n'étaient pas payées", a expliqué l'un des avocats.

Les princesses et leur majordome doivent répondre de traite des êtres humains, de traitements inhumains et dégradants, de séquestration et d'infractions à la législation sociale belge.

En 2008, la police avait constaté que cette famille princière des Emirats arabes, qui louait tout un étage du luxueux hôtel Conrad à Bruxelles, y exploitait une vingtaine de femmes de différentes nationalités. Celles-ci y séjournaient dans des conditions proches de l'esclavage, sans permis de travail, sans permis de séjour, et sans rémunération.

Le procès se poursuivra, non pas jeudi après-midi comme annoncé plus tôt, mais vendredi matin à 8h15, avec le réquisitoire de l'auditorat du travail et les plaidoiries de la défense.