Bruxelles On en voit de plus en plus, mais si tout ne leur est pas permis, rouler sur la route l’est.

On en voit de plus en plus dans la rue… Des personnes qui ont l’air de sortir tout droit du futur, se déplaçant sur un engin qui se situe entre le tapis volant et le skateboard du XXIe siècle. Appelé le gyropode ou le monoroue, ce nouveau moyen de transport, bien que toujours un peu marginal, commence à prendre de la place sur les routes bruxelloises. Roulant parfois jusqu’à du 30 km/h ils s’infiltrent partout, sur les routes comme sur les trottoirs. Dès lors, quel statut la Région accorde-t-elle à ce nouveau moyen de transport ?

"Cet engin est considéré comme un moyen de locomotion motorisé pour la simple raison qu’il ne dépend pas d’un effort musculaire pour qu’il avance", explique Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’Etat en charge de la Sécurité routière. "C’est-à-dire tout véhicule à moteur ayant une ou plusieurs roues dont la vitesse maximale par construction est de 18 km/h." Faisant partie de cette catégorie, le gyropode répond donc à la réglementation des vélos électriques. "S’ils ne vont pas plus vite que la marche, ils doivent rouler sur le trottoir et sont considérés comme piétons. Par contre, s’ils vont plus vite que les piétons, en gardant une vitesse maximale de 18 km/h, ils deviennent des cyclistes, selon la loi, et doivent donc rouler sur la piste cyclable", et sur la rue lorsqu’il n’y a pas de piste cyclable ou que la piste cyclable se limite à un tracé sur la route.

Les lois du vélo

Le gyropode répond aux lois du vélo, les règles sont donc assez simples : pas de port du casque obligatoire, pas d’âge minimal, pas de plaque d’immatriculation ni permis de conduire requis. Entre vélos électriques, monoroues, hoverboards ou trottinette électrique, la tendance générale de la mobilité douce semble s’étendre de plus en plus, et se diversifier. Si ce phénomène représente une réelle solution pour la décongestion du trafic infernal bruxellois, il reste quand même des incertitudes au niveau législatif. "On roule, mais on n’est pas vraiment au courant de ce qu’on peut faire ou ne pas faire", témoigne Thomas, adepte depuis quelques mois.

C’est ainsi que vous pouvez en apercevoir avancer à côté d’un piéton mais aussi au milieu d’un carrefour dangereux ou sur une piste cyclable. "Idéalement, on aimerait adapter le Code de la route, en créant une catégorie spécifique pour ce genre de nouvelle invention, poursuit Bianca Debaets. Mais cela relève des compétences fédérales. Ce qu’on aimerait faire à notre niveau, c’est lancer une brochure sur les monoroues et autres nouveaux modes de transports urbains, pour spécifier ce qui est permis ou interdit pour eux."