Bruxelles

Le concept de «bâtiment passif» est né en Allemagne il y a une quinzaine d'années. En deux mots, il s'agit d'optimiser la qualité thermique des éléments constitutifs des bâtiments et de réduire les pertes d'énergie. Ce standard, élaboré par l'institut Wohnen und Umvelt de Darmstadt implique la prise en compte de quatre principes: l'isolation thermique, la ventilation, l'utilisation de triple vitrage et la suppression des ponts thermiques.

Sebastian Moreno, du bureau d'architecture A 2M et chargé du projet par CIT Blaton explique qu'une telle conception remplace efficacement les appareils de climatisation ainsi que les systèmes de chauffage: «La consommation d'énergie par rapport à un bâtiment traditionnel est de l'ordre de 85 pc. De plus, de tels immeubles offrent un meilleur confort thermique et garantissent une excellente qualité de l'air grâce aux systèmes de ventilation. L'air frais est préchauffé par la chaleur de l'air vicié évacué sans y être mélangé. Le standard n'a rien d'expérimental. En Allemagne, il donne d'ailleurs droit à des subsides supplémentaires.»

Les immeubles passifs se répandent donc petit à petit mais leur présence en Belgique est encore confidentielle. Il en existe une quinzaine en Flandre et, en Wallonie, des logements sociaux, des bureaux et une école «passive» sont en chantier.

«En développant le premier immeuble passif à Bruxelles, nous entendons démontrer au secteur immobilier qu'il est possible d'adapter aux bureaux des techniques qui ont démontré leur grande efficacité», explique Sophie Le Clercq, présidente du CIT Blaton.

Car, des exemples allemands cités par Sebastian Moreno, on retient principalement les motivations des maîtres d'ouvrage. Celles-ci sont essentiellement financières et pas écologiques. Le surcoût que présente de telles constructions, environ 10 pc, est en effet amorti en une dizaine d'années grâce aux économies de charges.

Ce que Sophie Le Clercq illustre par le projet en cours: «Entre le moment où nous avons réalisé l'étude de faisabilité et celui où nous l'avons soumise à l'IBGE, qui suivra les performances énergétiques du bâtiment, le délai d'amortissement est passé de douze à dix ans en raison de l'augmentation du prix des combustibles fossiles.»

Rappelant l'inscription prochaine de la Région bruxelloise dans une réglementation relative à la performance énergétique des bâtiments, Evelyne Huytebroeck, ministre de l'Energie s'est réjouie de l'initiative et espère qu'elle aura valeur d'exemple.

© La Libre Belgique 2006