Bruxelles

Une cinquantaine de personnes ont manifesté mardi, dès 10 heures, de l'église du Béguinage jusqu'au Conseil du contentieux des étrangers, rue Gaucheret, à Schaerbeek. Déboutée de l'asile, une famille afghane composée de quatre enfants, d'une mère enceinte et de son époux a quitté le centre ouvert pour retourner à l'église du Béguinage il y a deux jours. Quatre autres sont attendues prochainement. Les manifestants annoncent que ces premiers retours marquent le début d'une nouvelle vague de protestations. Dès début janvier, après leur rencontre avec le Premier ministre Elio Di Rupo (PS), la quasi-totalité des Afghans de l'église du Béguinage avaient introduit une demande d'asile à l'Office des Étrangers. A la suite de l'introduction de ces demandes, les manifestations du Collectif des Afghans avaient été suspendues.

Une membre du Comité de soutien aux Afghans dénonce la situation de non-droit dans laquelle sont laissées les familles avec enfants. "La Belgique n'expulse pas les familles afghanes, mais elle les laisse dans l'illégalité. Il y a un flou juridique pour les familles. Pendant 7 mois, on a eu une trentaine d'enfants et aucun n'a été à l'école. Quand on a commencé l'occupation il y a un an, une trentaine de familles dormait dans la rue."

Le collectif des Afghans réclame une protection de la Belgique compte tenu de l'enlisement du conflit en Afghanistan. Il défend que le dernier attentat de dimanche qui a tué au moins 4 civils et fait 7 blessés atteste de la récente dégradation de la situation à Kaboul, région considérée à moindre risque pour les retours par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA).