Bruxelles

Le Bruxelles touristique d’une année branchée gastronomie se lèche les babines. "Le secteur reste le premier pourvoyeur d’emplois de la Région" , indiquent en toute harmonie, Christos Doulkeridis (Ecolo) et Charles Picqué (PS). "35 000 emplois directs; 15 000 indirects. Soit, en 2012, une hausse de 10 % en 10 ans." Au cœur de ce gueuleton ("En 2012, les 6,5 millions de nuitées seront dépassés" , prévoit Patrick Bontinck, grand patron de VisitBrussels), bien sûr, la recette thématique Brusselicious et ses déclinaisons. Dinner in The Sky accueillit 2 000 visiteurs à son bord; plus de 10 000 personnes de goût saluèrent les PiQniQ; dans les hôtels, 300 000 petits déjeuners ravirent les ventres les plus exigeants. La chasse aux œufs du 8 avril ? Elle embarqua entre 8 000 et 12 000 amateurs dans 10 parcs

Comme s’en réjouissent les ministres-présidents (du collège de la Cocof, chargé du Tourisme et de la Région bruxelloise), ce succès prouve la valeur de la stratégie de l’an thématique (un an sur trois) qu’initia la BD en 2009. N’empêche. L’un et l’autre jouent la carte de l’ambition, eux qui tablent sur "10 millions de nuitées en 2020". C’est dire si les "rendez-vous structurels" semblent appelés à se multiplier.

Et pour cause L’ensemble du copieux repas Brusselicious a fait plus pour l’internationalisation de la marque Bruxelles que quoi que ce soit : "La promo fut extraordinaire !", sert Christos Doulkeridis. "2 000 articles, c’est joli !" Et Patrick Bontinck d’enchaîner : "Une campagne de pub pareille aurait, en moyenne, coûté 10 millions. Par semaine, nous recevons 10 à 12 journalistes étrangers."

Le duo en est convaincu : peaufiner l’image internationale de la cité s’ancrera dans un cru thématique 2015, mûrement anticipé. "Bruxelles capitale des cultures ?", suggère Charles Picqué. "Notre potentiel n’est pas assez exploité", lâche le second. Histoire d’asseoir l’aspect "participatif", "populaire" du tourisme, fleurissent encore de potentielles "tables d’hôtes" (Picqué) ou "tour du monde de Bruxelles" (Doulkeridis). "On est en train de casser l’image du boring Bruxelles !", s’avance prudemment le Saint-Gillois.

Parmi les 35 000 jobs touristiques, l’horeca se taille la part du lion. Il en engouffre pas moins de 16 124. "70 % de ces travailleurs sont Bruxellois", pointe Patrick Bontick. Aujourd’hui très grosse machine du secteur, VisitBrussels (un budget de 15 à 16 millions par an) a versé 2,5 millions d’euros dans Brusselicious. Un Brusselicious dont le Tram Experience n’inspire pas le moins les politiques Occase "inédite et malicieuse" d’approcher la capitale européenne by night, ce moyen de transport version années 60 se paie un succulent sold out -10 000 réservations, jusqu’à fin novembre.

"Original ! Tout le monde en parle", s’extasie Christos Doulkeridis, qu’un "dédoublement" dudit tram tente. "En accord avec la Stib, le premier tram continuerait à représenter la gastronomie bruxelloise. Pourquoi, dans un second, ne mettrions-nous pas à l’honneur le pays qui préside à l’Europe ? L’idée est à l’étude " Pour améliorer l’image de Bruxelles, il y a encore du boulot. Pour l’heure, l’éventualité du musée de la Bière, à la Bourse. Charles Picqué ne cache pas davantage la nécessité de se focaliser sur les expats, comme sur les city trips, ce mode de vacances de plus en plus couru. Patrick Bontinck insistera, lui, entre mille, sur l’urgence, qui revient aux politiques, d’un "déploiement muséal fondamental, comme le musée d’Art moderne"), le maïeur empêché de Saint-Gilles y alla d’une marotte : "Je rêve depuis longtemps de faire un mois, ou une semaine Brel. Un itinéraire des lieux qui l’incarnent".