Bruxelles

Il y a trois ans, en début de législature, une liste des 101 zones accidentogènes a été établie en Région bruxelloise, à la suite de l’examen des endroits ayant connu le plus d’accidents entre 2010 et 2013. L’objectif : diminuer drastiquement le nombre de victimes graves et de morts dans ces zones. Mais selon la députée bruxelloise Cieltje Van Achter (N-VA), qui a interpellé le gouvernement sur ce point au parlement bruxellois, une solution n’a été apportée que pour 13 de ces "points noirs".

"Il est pénible de constater que la sécurité routière est reléguée au bas de la liste des priorités du gouvernement bruxellois", commente Cieltje Van Achter . "Pour la première fois depuis l’établissement de la liste des zones dangereuses du réseau routier, nous avons une vue globale de la façon de s’attaquer à ces zones réputées pour leur dangerosité. Mais les chiffres sont déconcertants."

Des résultats médiocres

Elle rappelle que sur les 101 zones dangereuses répertoriées dans la liste, la secrétaire d’État compétente pour la sécurité routière, Bianca Debaets (CD&V), en a qualifié 30 de prioritaires. "Elles devaient en théorie être résolues sous cette législature dans les plus brefs délais. Mais ça l’a seulement été pour six de ces trente zones, alors que rien n’a été entrepris pour plus d’une dizaine d’entre elles. Les résultats enregistrés pour ces deux listes sont vraiment médiocres", poursuit la députée bruxelloise.

"Lors de la publication de la liste, la secrétaire d’État Bianca Debaets avait pourtant annoncé qu’elle passerait rapidement à l’action et voulait voir des améliorations à brève échéance. Je constate que la secrétaire d’État s’est lancée dans d’audacieuses promesses, qui, une nouvelle fois, ne sont néanmoins pas mises en pratique", observe Cieltje Van Achter.

Et la députée de tacler la politique régionale en la matière. "La sécurité routière est un sujet qui tient à cœur à tous les Bruxellois, mais ce gouvernement ne daigne pas prendre de décisions énergiques. Même la neutralisation des zones dangereuses reste vaine. Il ne suffit évidemment pas d’annoncer que le nombre de victimes de la route à Bruxelles doit être réduit de moitié d’ici 2020. Il faut au contraire établir d’urgence un plan de sécurité routière sérieux, incluant des actions concrètes, un budget et un calendrier", conclut Cieltje Van Achter.

La Région en zone 30

De son côté, à la suite d’une interpellation au parlement, le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA) a réitéré son envie de voir une zone limitée à 30 km/h en Région bruxelloise. "L’instauration généralisée d’une zone 30 contribuerait non seulement à réduire le nombre d’accidents, mais aussi les accidents corporels avec les usagers des modes actifs."

Enfin, l’une des raisons qui peut expliquer cette lenteur au niveau de l’exécution des chantiers réside dans le fait que les effectifs de Bruxelles Mobilité ne sont pas en nombre suffisant. En effet, un audit de l’organisme a été réalisé et il en est ressorti qu’il y a un manque au niveau des chargés de projets et des contrôleurs de chantiers, pas assez en nombre pour accompagner les nombreux aménagements à apporter. De plus, la multiplication des intervenants qui doivent se coordonner pour réaménager des axes problématiques constitue également un frein.