Bruxelles

C’est un petit séisme qui s’est abattu ce dimanche à Molenbeek. Après six ans de majorité, la bourgmestre Françoise Schepmans n’a pas réussi à convaincre les électeurs et c’est la fille de l’ancien bourgmestre qui a l’a emporté à la tête de la liste socialiste. Catherine Moureaux, 40 ans, était arrivée en 2015 dans la commune en provenance de Schaerbeek.

Dimanche, sa liste PS-SPA a emporté 31, 34 % des voix (17 sièges) contre 23,96 % (13 sièges) pour la Liste du Bourgmestre. Restent le CDH (8,39%, 3 sièges); Ecolo-Samen (8,18%, 3 sièges); Défi (4,76%, 1 siège); NVA (3,38%, 1 siège); et surtout, en troisième parti, le PTB-PVDA (13,61%, 7 sièges).

Avec un score avoisinant les 13 % (contre 4,52 % en 2012) le PTB-PVDA pourrait bien être le faiseur de coalition à Molenbeek, en tout cas pour former la « majorité progressiste » qu’appelle Catherine Moureaux. « Ce soir, on va faire la fête et demain, on évaluera cela à tête reposée » , assure sa tête de liste, Dirk De Blok.

« Nous souhaitons gouverner la commune », a réagi la tête de liste socialiste. « On est en train de chercher des partenaires. Je privilégie une alliance avec le PTB ».

Trois alliances étaient possibles : une classique entre le MR et le PS, une majorité progressiste PS-Ecolo-PTB et une alliance assez improbable entre le PS, le CDH et le PTB.

Pour Sarah Turine, une alliance libérale-socialiste serait un retour au passé, quand les deux partis géraient la commune notamment sous l’égide de Philippe Moureaux. Elle estime qu’Ecolo a payé à Molenbeek la scission avec Groen, qui 0présentait une liste séparée.

La campagne a été assez dure à Molenbeek sur fond de fausses rumeurs lancées sur les réseaux sociaux, annonçant l’interdiction de l’abattage rituel, ou des accusations cherchant à diviser les partis de la majorité sortante (MR, Ecolo Groen et CDH). Ahmed El Khannouss, tête de liste CDH, y voit la main de « l’armée mexicaine socialiste ».

Le PS a joué sur ses réseaux, mais aussi sur l’aide sociale qu’il promet de distribuer. Lors d’un débat le 7 octobre, organisé par l’association des femmes marocaines, sa troisième candidate Tania Dekens n’a pas fait mystère de la volonté du PS d’accélérer les demandes d’accès au CPAS et d’adapter le précompte immobilier aux revenus. « Il y a 52 000 électeurs, dont 12 000 au CPAS », a expliqué Mme Dekens.

Françoise Schepmans avait elle hérité en 2012 d’une commune avec un déficit de 26 millions d’euros et avait dû redresser l’image de la commune après les attentats de Paris et de Bruxelles. Elle avait accédé au maïorat à la suite d’un revirement du CDH qui avait décidé de mettre fin au règne de Philippe Moureaux, bourgmestre depuis vingt ans.