Bruxelles

Pendant deux ans, le réalisateur Bernard Crutzen a observé les animaux sauvages présents sur le territoire de la Région bruxelloise. Résultat ? Un reportage inédit oscillant entre le film animalier et le documentaire de société. Durant une heure, le réalisateur de "Bruxelles sauvage, faune capitale" nous entraîne dans une réflexion sur la place des animaux sauvages en milieu urbain et sur l’avenir de leur cohabitation avec les citadins, tantôt fascinés tantôt craintifs.

Diplômé de l’Ihecs en 1985 et déjà auteur d’une vingtaine de documentaires diffusés sur des chaînes de télévision belges et françaises, Bernard Crutzen a dû faire montre de beaucoup de patience pour immortaliser avec une grande proximité certains de ces animaux.

"Un soir, l’un des renards que je suivais est venu tout près de moi, car il était très intrigué par le coupe-vent poilu de ma caméra. Et il faut dire qu’à force, je savais comment les aborder", explique le réalisateur bruxellois qui a effectué plus de 108 sorties pour ce film. "Je n’appelle pas cela des tournages car il m’est arrivé souvent de rentrer bredouille. Comme les deux nuits où je me suis gelé en Forêt de Soignes pour tenter de filmer le sanglier Suske."

C’est au fil de rencontres avec des citadins que les animaux font leur apparition. Comme ce conducteur de tram qui aperçoit souvent une biche lors de ses trajets nocturnes. Des scènes cocasses ont aussi pu être capturées grâce à la complicité d’acteurs de terrain tels que le garde-forestier de Bruxelles-Environnement : la tentative de capture d’un chevreuil dans un jardin particulier et le sauvetage d’une fouine blessée sous un véhicule.

Une question en suspens

Pour les Bruxellois qui n’ont jamais pris le temps d’observer la riche faune de la capitale de l’Europe, le film sera très certainement instructif. On y apprend, par exemple, que le premier renardeau officiellement bruxellois est né en 1984, que des lérots hibernent dans les nichoirs à oiseaux de la réserve naturelle du Moeraske et que des lapins de Garenne ont littéralement envahi la rive gauche du canal.

Quant à savoir si les animaux sauvages ont leur place en ville, la question restera en suspens. "Je veux juste éveiller les consciences sans avoir de parti pris dans mes documentaires. Conscientiser ceux qui nourrissent les renards sur les risques de surpopulation mais aussi remettre les pendules à l’heure concernant la prétendue agressivité de cette espèce."

Ce documentaire coproduit par la RTBF est en compétition au Festival Nature Namur où il sera projeté les 16 et 17 octobre. Quant à l’avant-première bruxelloise, elle aura lieu le 18 novembre à 20h30 au W : HALL (centre culturel de Woluwe-St-Pierre).

www.bruxelles-sauvage.be