Bruxelles Avec City 2 et The Mint, AG Real Estate fait doublement le pari du bas de la ville.

C’est parti : les premières enseignes ouvrent leurs portes dans le projet The Mint, en face de la Monnaie à Bruxelles : I’am et Nyx ce mercredi 18 octobre, Uniqlo et Medi Market le 19, Kiabi et Tamaris le 20, ING le 26. Il y aura alors une pause d’un petit mois avant que les ouvertures reprennent à partir de mi-novembre (Carrefour, Hans Anders, Décathlon…). Certaines au rez, se prolongeant au 1er étage, d’autres au -1. La plupart en grand format version show room. Il reste une poignée de boutiques à louer, soit 3 % de l’offre (quelques centaines de mètres carrés sur 15 000).

AG Real Estate, développeur de ce projet, voit enfin le bout du tunnel. Car, à regarder les grandes dates de ce projet, ce ne fut pas une sinécure. Février 2009, acquisition des droits emphytéotiques de l’ancien Centre Monnaie auprès de Prowinko. Août 2015, début des travaux d’assainissement. Avril 2016, obtention des permis. Fin novembre 2017, finalisation des travaux d’un coût de 23 millions d’euros.

Chantier très complexe

En gros, l’esprit galerie a été supprimé et l’ensemble a été reconstruit comme des pieds d’immeubles. Tous les magasins du rez ne sont en effet accessibles que de la rue. Quant à ceux situés au -1, ils débouchent tous sur le même grand couloir. Côté Monnaie, on trouve les enseignes de mode, en prolongation de l’offre de la rue Neuve. Sur les trois autres façades, ont été concentrés les services (agence bancaire, agence de voyage, pharmacie, librairie…).

Un chantier pas facile, et pas seulement parce que la surface commerciale s’étend sur 3 niveaux. "Cela a pris du temps car la copropriété a été compliquée à gérer (avec la Stib en sous-sol, Bpost au 2e étage, la Ville dans la tour cruciforme, NdlR). Et que les façades sur lesquelles on a travaillé font partie de la copropriété, indique Serge Fautré, CEO d’AG Real Estate. Il a également fallu sortir les commerçants existants. De plus, le dossier était compliqué d’un point de vue urbanistique et technique. A chaque fois qu’on ouvrait un mur ou un plafond, on tombait sur des techniques qui venaient d’en haut."

Mais ce n’était pas la seule difficulté que le bureau d’architecture DDS + et l’entrepreneur Herpain ont eue à gérer : "Le plan datant des années 70 a été modifié au fil du temps, explique Eric Hennico de DDS +. Chaque jour on faisait de nouvelles découvertes. On a recréé des accès livraisons, remplacé la façade en se greffant sur l’ancienne, sans interrompre le travail des occupants… Car le bâtiment a continué à fonctionner."

Retour au centre-ville

Mais au-delà de ces difficultés, AG Real Estate est enchanté de l’opération. "On est au cœur d’un milliard d’euros d’investissements à Bruxelles", ajoute Serge Fautré, listant la rénovation de la rue Neuve et de la place Rogier, celle du City 2, dont AG Real Estate est propriétaire, le Chambon, Brucity, Actiris, la Bourse, l’îlot sacré, etc. "Cela reflète une chose, en tous les cas : les acteurs immobiliers voient plus loin que l’opinion publique qui, reconnaît-il, a subi un vrai manque de communication, notamment liée à au piétonnier."