Bruxelles

Hier après-midi, la colère grondait dans les rues d’Auderghem. "Des Seniors, pas des pigeons", "Nos quartiers du Transvaal, la Stib les condamne" font partie des slogans scandés par les membres de l’ASBL Seniors Auderghem et leurs sympathisants. Ils étaient plus de 150 à manifester dans la quartier du Transvaal pour le rétablissement de la ligne de bus 34, disparue en 2006 pour cause de travaux et de prolongation de la ligne 94. Elle reliait, à l’époque, les deux parties de la commune, coupée aujourd’hui en deux par le viaduc.

Comme l’explique Bernard Noël, président de l’ASBL, et ancien échevin de l’Action sociale, "il y a beaucoup d’écoles, beaucoup de personnes âgées, et depuis qu’on a supprimé le 34, les gens qui veulent traverser Auderghem doivent prendre trois moyens de transport. Même chose pour aller à Porte de Namur. Au-delà de l’aspect social, les commerces sont en train de mourir les uns après les autres." Le sentiment d’indignation est partagé par une grande majorité de la population. Henry Jouret raconte: "Je prenais ce bus pratiquement tous les jours pour aller au boulot. Aujourd’hui, on a perdu le contact avec le reste d’Auderghem. C’est tragique." Le 20 décembre 2007, la Stib déclarait, dans un courrier adressé au bourgmestre, Didier Gosuin : "(...) il résulte de cette analyse, qu’en définitive, la formule à la fois la plus simple, qui correspond le mieux aux attentes de la clientèle et de la commune, et qui entre dans le cadre de nos contraintes budgétaires, consiste à rétablir la ligne de bus 34 sur son ancien itinéraire vers le Transvaal." Pour le bourgmestre d’Auderghem Didier Gosun (FDF), la Stib ne tient pas ses promesses. "Ce n’est pas correct... La colère est là. Ils disent qu’ils n’avaient rien promis. C’est du révisionnisme. Ils doivent réaliser ce pourquoi ils se sont engagés. On me critique mais j’ai toujours demandé à ce que la ligne du bus 34 soit rétablie".

Selon Mme Ledune, porte-parole de la Stib, l’entreprise de transport avait promis d’examiner la possibilité d’un rétablissement de la ligne mais ne s’était pas engagée à la rétablir, "Ce n’est pas possible dans l’état actuel des choses, le 94 est en site propre, ce qui signifie que les bandes de circulation ont été réduites. Faire rouler un bus à côté du tram, cela perturberait la circulation. Je comprends bien qu’une correspondance est plus péniblement ressentie par les personnes âgées mais on n’a pas supprimé une desserte, il faut simplement prendre une correspondance. Je suis désolée, mais le porte-à-porte, ça s’appelle le taxi. Nous avons des impératifs budgétaires et des impératifs en termes de parc des véhicules. Certains endroits sont prioritaires." Selon M. Noël, la Stib aurait affirmé, il y a deux jours, que des efforts allaient être faits pour trouver une solution. Mais la population doute de la bonne volonté de l’entreprise. Une habitante de la commune, venue soutenir les manifestants, s’indigne: "On demande aux personnes âgées d’être actives, alors donnons-leur la possibilité de l’être."