Très riches et très pauvres

Magali Mouthuy Publié le - Mis à jour le

Bruxelles

Ici, à Bruxelles, on se rend compte du fossé social, nous sommes à la fois une ville très riche et très pauvre." Les représentantes de la politique bruxelloise en matière d’aide aux personnes, Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et Brigitte Grouwels (CD&V), présentaient, hier, le rapport 2010 sur l’état de la pauvreté dans la capitale. Qu’apporte-t-il ? De nombreux constats pas très réjouissants, mais pas très neufs, non plus. Près d’un quart des Bruxellois sont pauvres, selon l’indicateur international du seuil de risque de pauvreté, qui s’élève, pour les personnes isolées, à 899 euros. Certaines zones affichent un taux plus important que d’autres. Ainsi, le centre de Bruxelles correspond au croissant pauvre : le bas de Saint-Gilles, de Molenbeek et Schaerbeek, les Marolles, Laeken

Tous les âges sont concernés. Les raisons : insuffisance des revenus familiaux, de la formation des jeunes, chômages, problèmes de santé et retard scolaire. Plus de 32 000 ménages vivent avec le revenu d’intégration sociale, ou équivalent, et plus de 100 000 Bruxellois bénéficient d’une allocation de chômage. Il n’y aurait pas assez d’emplois à Bruxelles. "Avec le système qu’on a, le travail est le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté." Près d’un tiers des Bruxellois, entre 18 et 24 ans, cherchent un emploi. Dans le croissant pauvre de la capitale, 40 % des jeunes ne trouvent pas de travail. Or, "le diplôme reste la meilleure garantie de trouver un emploi", soulignent les représentantes politiques. Par ailleurs, davantage de personnes de 65 ans et plus vivent avec la garantie de revenu pour personnes âgées.

Le rapport met en lumière d’autres conséquences liées aux faibles revenus des Bruxellois : problèmes de santé, manque de logements sociaux disponibles, pauvreté des enfants. "Plus d’un tiers des enfants grandissent dans un ménage sans revenu du travail."

Ce rapport bisannuel implique, pour la première fois, les quatre gouvernements bruxellois (le gouvernement de Bruxelles-Capitale, la Cocof, la Cocom et la VGC) sont impliqués. Ce qui devrait faciliter la mise sur pied d’un plan de lutte contre la pauvreté. "Le but est que le gouvernement bruxellois et les collèges des trois commissions communautaires travaillent ensemble pour apporter une bonne réponse à la pauvreté à Bruxelles."

Le groupe de travail intercabinetaire a formulé 34 objectifs stratégiques, complétés parfois de points d’action concrets. "En premier lieu, le plan d’action contre la pauvreté doit s’axer sur la prévention." Parmi ces objectifs, des campagnes pour diminuer le décrochage scolaire, lutte contre les logements vides, augmenter les allocations et salaires minimaux, garantir l’accès des soins à domicile à chaque Bruxellois, soutien des demandeurs d’emploi

Des actions qui existent déjà, mais que les quatre gouvernements bruxellois espèrent parvenir à amplifier. "Je suis bien consciente que ce ne sont pas des actions qu’on peut mettre en œuvre à 100 % tout de suite. Pour augmenter encore l’efficacité de ces actions, il faut impliquer les deux communautés française, flamande pour le prochain plan, prévu en 2012. Elles ont notamment les leviers au niveau de l’enseignement." Et ensuite : "Le gouvernent bruxellois et les collèges des trois communautés insisteront auprès des autorités fédérales pour que des mesures soient prises." Et Brigitte Grouwels de conclure : "On attend le gouvernement fédéral." Comme tout le monde.

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