Bruxelles Les riverains de l’école maternelle et primaire Notre-Dame des Champs dénoncent le niveau sonore auquel sont confrontés les élèves durant la récréation.

Quelque 40 riverains vivant à proximité de l’école maternelle et primaire Notre-Dame des Champs, située au 24 rue Roberts-Jones à Uccle, tirent la sonnette d’alarme : ils dénoncent le taux de bruit "inimaginable" émanant des trois cours de recréation et l’absence de réaction de la part de la direction.

"En tant que riverains de cette école, nous avons pu constater cette dernière décennie une augmentation exponentielle du niveau de bruit émanant de ses terrains récréatifs et, véritablement alarmés, nous avons été initiateurs des relevés sonores qui ont été effectués par Bruxelles-Environnement. Nous avons contacté le cabinet de Céline Fremault (CDH - ministre de l’Environnement, NdlR), qui a désigné un bureau acoustique pour faire des relevés sonores pendant cinq jours dans les jardins des habitants concernés. Résultat : il apparaît que les élèves sont, sur une heure de récréation, exposés à des taux moyens de 85 décibels", déplore Marion Christophe, qui habite le quartier depuis 27 ans.

Preuve du mécontentement, de nombreux riverains ont apposé cette affiche sur leurs fenêtres : 

L'affiche de sensibilisation
© DR

"C’est une situation totalement insupportable pour les enfants ! Certains acousticiens vont jusqu’à parler de véritable bombe acoustique. Et cela d’autant plus pour des enfants de trois à douze ans ayant un appareil auditif plus fragile. De plus, certains se trouvent sous le préau durant les heures de récréation, avec une amplification encore plus intense du volume sonores. Nous sommes témoins de la souffrance de ces enfants et nous nous voulons lanceurs d’alerte afin d’enrayer cette situation qui représente un problème de santé publique", poursuit Marion Christophe.

Plus globalement, les riverains déplorent le manque d’action de la part de la direction. "Cette situation révèle le déni auquel on peut se trouver confronté face à ce problème de bruit en plein air dans les écoles. Bien entendu, les enfants ont le droit de se détendre et de s’amuser, mais tel n’est assurément plus le cas : les jeux se réduisent, les cris deviennent invraisemblablement hystériques et stridents. Ces hurlements n’ont plus rien de joyeux et provoquent un réel malaise ressenti jusqu’à l’intérieur des immeubles riverains. On peut entre autres épingler parmi les causes : le laisser-aller, l’augmentation du nombre d’enfant par mètres carrés et la restriction du nombre des surveillants. Ceux-ci sont à présent débordés et ne réagissent plus, même en cas d’abus ahurissants qui donnent l’impression que ces lieux sont quasiment devenus des zones de non-droit", conclut Marion Christophe, qui déplore qu’aucune loi ne protège spécifiquement ces enfants et les riverains dans ce cas précis.

Nous avons tenté de joindre la direction de l’école pour recueillir une réaction, en vain.

Le bruit entendu depuis les habitations