Bruxelles Un resto a déménagé et plusieurs magasins ont fermé à la chaussée d’Alsemberg.

Une boulangerie et une épicerie fermées, un restaurant forcé de déménager temporairement, un autre qui perd 40 % de son chiffre d’affaires… Les commerçants de la chaussée d’Alsemberg n’en peuvent plus des travaux de la Stib. Pire, ils se sentent délaissés par les pouvoirs publics. C’est en ce sens que le patron du restaurant ‘t Misverstand, Jean-Marc Schellens, pousse un énorme coup de gueule… Les travaux de la Stib en face de son restaurant, il n’en peut plus ! En quelques mois, il a perdu 40 % de son chiffre d’affaires.

Et encore, il estime être un véritable miraculé au regard de certains commerces avoisinants. "Le restaurant Bouchery a déménagé temporairement, Les Petits Bouchons vont, quant à eux, définitivement fermer leurs portes après avoir été obligés de fermer le mardi à cause des travaux. On peut encore citer la boulangerie ou l’épicerie du coin qui ont mis la clé sous le paillasson…", s’insurge ce commerçant ucclois.

Neuf mois de chantier

Sur ce tronçon de la chaussée d’Alsemberg, les travaux de la Stib ont démarré en juillet de l’année passée. Neuf mois déjà. La clôture du chantier est prévue pour la fin mai. Sauf qu’en 2020, rebelote un peu plus haut sur la chaussée : la Stib entamera la partie située entre Globe et l’Altitude 100 pour une durée… indéterminée ! "La Stib nous a expliqué qu’elle ne communiquait pas la date de fin du chantier car si elle accuse un retard, elle devra payer des indemnités", commente de son côté le secrétaire de l’association des commerçants Uccle-Centre, Aymeric Guyomarch.

Face à l’ampleur du désastre pour le commerce local, chacun déplore l’impuissance des pouvoirs locaux. "C’est un chantier régional. La commune n’a pas vraiment de pouvoir ni de moyen de pression. Ils se rejettent un peu tous la balle. La commune nous soutient mais, au final, on ne se sent pas trop aidés", regrette Aymeric Guyomarch, qui déplore que les dégâts soient très lourds pour les commerçants du quartier. "Seule solution : la communication. Nous aimerions faire partie des discussions, être pris en considération, pouvoir donner notre avis sur le déroulement du chantier."

Quant aux indemnisations, elles sont loin de compenser le manque à gagner des commerçants. "La commune m’a proposé 750 euros pour une année, embraye Jean-Marc Schellens. J’ai refusé. On se moque du monde ici ? ! Quant à la Région, elle propose 75 euros brut par jour à condition que je ferme mon commerce… J’ai neuf employés. Il est évident que cela me coûterait bien plus cher de les mettre en chômage technique. Même à la Région, que je suis allé voir, on m’a carrément dit que c’était une loi débile…"

Peu d’ouvriers

En attendant, tout le monde se demande pourquoi la Stib n’accélère pas la cadence. Ni le patron du ‘t Misverstand ni l’association des commerçants ne comprennent pourquoi ils ne voient, régulièrement, que deux ouvriers sur le chantier. "Et encore, certains jours, il n’y a carrément personne !" Raison pour laquelle l’association des commerçants Uccle Centre proposera à la Stib de prolonger le chantier jusqu’à 22 h en semaine "afin qu’il dure moins longtemps. On verra ce que nous répond la Stib".