Bruxelles

Un demi-millier de personnes étaient rassemblées dimanche pour réclamer la régularisation du garçon âgé de 12 ans.

“Je connais Lajoie depuis le début de l’année. Je n’ai pas du tout envie qu’il parte. Je trouve cela injuste que quelqu’un de notre âge qui habite depuis dix ans en Belgique soit obligé de partir comme ça du jour au lendemain. C’est choquant ! Mais je suis content car on va réussir à faire en sorte qu’il puisse rester ici. C’est ce que j’espère” , déclare Mathieu, 12 ans.

Ce camarade de classe de Lajoie Malekusa faisait partie des 500 personnes réunies ce dimanche dans le parc du Wolvendael, à Uccle, pour réclamer la régularisation de la situation du jeune adolescent. Arrivé en Belgique à l’âge de deux ans, Lajoie Malekusa et sa maman sont aujourd’hui tous deux menacés d’expulsion vers le Congo. Après avoir été placée en centre fermé, Muamba Mbombo avait finalement été libérée à la fin du mois de février, mais elle reste sous le coup d’un ordre de quitter le territoire.

© JC GUILLAUME

À l’origine de cette mobilisation massive se trouve notamment le club de basket Uccle Europe où Lajoie évolue comme jeune espoir ainsi que le personnel éducatif et les parents d’élèves de l’École Active où il est inscrit en 1ère secondaire. “Nous avons décidé de nous réunir et de nous mobiliser car c’était impossible de rester là sans rien faire. Pour les enfants, c’est très choquant et déstabilisant de réaliser, au sortir de l’enfance, qu’ils vivent dans un monde où l’on peut expédier quelqu’un dans un pays qu’il ne connaît pas, où le climat politique est catastrophique. Ils entendent parfois des histoires similaires à la radio ou à la télé, mais là ils sont touchés de plein fouet car il s’agit d’un enfant, d’un de leurs amis et cela se passe ici à Uccle. Les enfants sont tristes, angoissés et se sentent impuissants” , confie Sylvie Depré, mère d’une élève de 1ère secondaire.

Élève assidu ne rencontrant pas de problème d’apprentissage selon le directeur de l’École Active Cédric Pinchart, Lajoie Malekusa est également le joueur de basket le plus doué de sa catégorie aux yeux du président d’Uccle Europe. Très impliqué dans la vie de son club, il arbitre régulièrement des matches de joueurs plus jeunes. Dimanche, l’adolescent n’était malheureusement pas présent pour entendre toutes ces louanges.

© JC GUILLAUME

“Il n’a pas voulu venir car lui et sa maman vivent dans la peur constante d’être attrapés et mis dans un avion. Nous sommes libres de nous promener et de nous rassembler dans un parc mais un enfant qui vit en Belgique depuis 10 ans ne peut pas le faire pour des raisons qui nous dépassent. C’est très difficile à comprendre pour lui et les enfants qui le côtoient. La seule chose que l’on puisse faire est d’interpeller les autorités et l’Office des Étranger afin qu’il puisse retrouve la vie normale d’un enfant de 12 ans” , a commenté le président du club de basket Uccle Europe Medhi Van Nuijs.

Alors que plusieurs membres Ecolo et PS du conseil communal d’Uccle étaient présents ce dimanche, aucun membre du collège des bourgmestre et échevins n’a fait le déplacement jusqu’au parc du Wolvendael.


Bernard De Vos, Délégué général aux droits de l’enfant: “Aberrant!”

“On fait primer des règlements d’administration sur le droit des enfants et sur l’intérêt supérieur. Quel que soit le statut légal et administratif des parents, ce n’est pas cohérent d’empêcher un enfant de vivre la vie dans laquelle il est bien. Si les informations dont je dispose sont vraies, si ce gamin est ici depuis plusieurs années, qu’il est intégré correctement à l’école, qu’il participe régulièrement à des activités de basket-ball - ce qui est visiblement le cas-, c’est complètement aberrant. Cette menace d’expulsion est la marque d’un manque de respect des Droits de l’enfant. Cela me fait bondir. D’autant plus que l’Office des Étrangers ne répond pas à mes questions !”