Bruxelles

Les préparatifs ont d’ores et déjà commencé dans la plupart des foyers bruxellois. Le réveillon de Noël approche et il faut tout organiser avant la date fatidique. Au-delà de ces considérations, le déroulement du réveillon dépend de choix personnels. Certaines personnes ont décidé d’adopter un regard complètement différent sur Noël.

Cette année, Esperanza Torres ne déroge pas à son habitude. Elle passera le réveillon avec les sans-abri de la gare du Nord. "Tout a commencé en distribuant des gâteaux dans les orphelinats", confie-t-elle. Pour ne pas jeter ceux qu’elle avait en trop, elle décide de les donner aux sans-abri. Ce jour-là, elle fait la connaissance de plusieurs personnes appartenant à l’ASBL "Les biscuits". Elle décide de les rejoindre et de se lancer dans l’aventure. Voilà dix ans déjà qu’elle cuisine et passe la soirée avec les sans-abri. "On récupère le soir de Noël les restes de grands magasins", explique-t-elle. Une habitude que la cinquantenaire ne compte plus changer. "C’est bizarre mais, je ne pourrais plus fêter un réveillon avec ma famille. C’est tellement enrichissant de partager son temps avec des gens que je ne connais pas", avoue-t-elle.

Sonia a décidé de faire comme à son habitude. Elle ira manger dans la famille d’une très bonne amie. Sonia est musulmane mais, ça ne lui pose pas de problèmes de fêter Noël. "Chez mon amie, ce n’est pas considéré comme un repas religieux. On voit plus ça comme un repas de famille. Le but, c’est clairement de tous se réunir, manger et échanger des cadeaux", raconte-t-elle. Un rendez-vous immanquable pour cette vendeuse de 29 ans. Elle nuance malgré tout ses propos. "Si le repas était à connotation religieuse, je n’y prendrais pas part", reconnaît-elle. Sonia ne se voit pas organiser Noël chez elle avec sa fille. "Si elle en a vraiment envie, je l’emmènerai chez mon amie. Si je suis toujours invitée !", plaisante-t-elle.

Pour Rita Bou Assi, Noël, c’est sacré. Cette institutrice primaire de 24 ans appartient à la communauté Marnatha. La jeune femme est très croyante. Le jour du réveillon, elle participera à la messe de Noël : "La messe, c’est comme quand vous aimez très fort quelqu’un et que vous avez envie d’aller lui rendre visite et lui parler". Rita Bou Asi parle également du "mystère" de Noël. "Il y a des gens avec qui je partage la même perception de Noël. Avec ceux qui ne sont pas croyants, je partage tout simplement la joie que cette fête apporte", explique-t-elle.

Responsable du mouvement "jeunesse juive laïque", Thomas a décidé de consacrer le jour de Noël aux autres.

Avec son groupe, il décide de rendre visite à des enfants malades à l’hôpital Reine Fabiola. "On ne fête pas Noël. Alors, on fait un petit quelque chose pour donner le sourire à ces gosses", précise-t-il. L’opération Père Noël est organisée par le CCLJ (Centre communautaire laïc juif) depuis dix ans. Le site internet appelle à réaliser une "tsedraka", faire un acte de charité. Pour la cinquième année consécutive, Thomas appellera des sociétés pour récolter des cadeaux.

"On fait également appel aux dons. On essaye de faire notre possible pour que ces enfants puissent passer au moins une chouette journée avec leurs parents. En plus, Saint-Nicolas viendra leur rendre visite. Quand vous voyez leur sourire, c’est magique", ajoute-t-il.

Sébastien Porcu (St.)