Bruxelles Depuis l'apparition, et surtout l'importance prise par les coursiers Uber, les tensions sont vives entre ces derniers et les taximen sous licence. Ceux-ci estimant souffrir d'une concurrence déloyale et illégale. Sur YouTube, un semblant de reportage, à charge contre la société américaine, est apparu récemment, avec notamment un extrait virulent. entre un chauffeur de taxi et un coursier.

Alors que la cohabitation entre les deux entités tarde à être légiférée, l'extrait en question met aux prises Sofien, un employé du service public âgé de 37 ans qui réalise des courses pour le compte de la société née en 2009. Contacté par nos confrères de RTL Info, ce dernier a été pris à parti par un chauffeur de taxi alors qu'il s'apprêtait à entamer une course pour une délégation gouvernementale mexicaine.

"J'arrive à Schuman pour les récupérer. Un taximan est arrivé, il a collé ma voiture à l'arrière et est venu ouvrir ma portière" explique le chauffeur Uber. "Il a agressé verbalement mes clients et les a obligés à descendre de ma voiture."

S'en suit alors un échange peu constructif où le taximan répète à son vis-à-vis qu'il est dans l'illégalité la plus totale, tandis que ce dernier rétorque qu'il compte appeler la police. La séquence filmée prend fin quand les diplomates insistent pour se rendre à l'ambassade du Mexique.


Imbroglio autour de la licence wallonne pour rouler dans Bruxelles

Le conflit trouve sa source dans la licence wallonne apposée sur la berline, alors qu'il est interdit d'en faire l'usage pour circuler entre deux points de Bruxelles, ce qui est pourtant le cas dans cet extrait où la délégation se rend de Schuman à l'avenue Franklin Roosevelt.

En réalité, un chauffeur Uber est en droit de prendre la route dans les rues de la capitale à la seule condition qu'il dispose d'un contrat, ou "bon de commande" établi préalablement à la course, pour se rendre du sud de pays vers Bruxelles.

Mais de nombreuses irrégularités restent d'actualité puisque les chauffeurs sous licence wallonne, et même flamande, arrondissent leurs fins de mois en réalisant des courses dans Bruxelles dans la mesure où les conditions d'octroi de la licence de Location de Voiture avec Chauffeur (LVC) sont bien moins draconiennes au nord et au sud du pays que dans la Région de Bruxelles-Capitale.

Alors qu'en Wallonie et en Flandre, il suffit de disposer d'un véhicule avec 4 ou 5 portes de moins de sept ans sans valeur minimum et de payer une licence de 250€, cette dernière grimpe à 682 à Bruxelles, et le véhicule utilisé doit avoir une valeur catalogue de minimum 32.240€ hors TVA et sans les options, avoir un empattement de minimum 2 mètres 80 sans qu'il soit possible de l'utiliser à des fins privés (ce qui est possible pour les chauffeurs sous licence wallonne).

Toujours est-il que tenter de se faire justice soi-même pour constater l'existence ou non d'un bon de commande comme le fait ce taximan est interdit.