Bruxelles La maison Guérin-Boutron est passée dans le giron belge il y a un an.

Il y a un an, le chocolat Guérin-Boutron est passé dans le giron belge, devenant ainsi le plus vieux chocolat de Belgique, malgré une origine qui remonte plus loin que la création du pays… Cette maison fondée en 1775 en France était une pointure dans le monde du chocolat. Tombée en faillite à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, la marque a été rachetée par Johann Domas-Conzemius en juin 2016 et la production relancée en 2017 à Gand.

A partir du mois de septembre, c’est à Koekelberg que la production va venir s’installer afin de faire revivre cette ancienne maison parisienne. Mais ne cherchez pas une boutique estampillée "Guérin-Boutron" en Belgique, cette marque de luxe se consacre paradoxalement à des ventes dans le style démonstration Tupperware, de quoi casser les codes du "luxe".

"On se retrouve dans le salon de différentes familles pour des dégustations et de la vente. Il y a aussi un certain aspect exclusif; vu que nous n’avons pas de boutiques, c’est une des seules occasions que les gens ont pour acheter notre chocolat", explique Johann. Avec son associé, Raphaël de Macar, il participe également à des ventes de charité. Pourtant, ni Johann ni Raphaël ne se prédestinaient à se lancer dans le monde du chocolat. Il s’agit là surtout d’un prétexte pour mettre sur le devant de la scène un pays qui leur tient à cœur : la Côté d’Ivoire.

Un centre de formation pour les Ivoiriens

Johann aimerait améliorer les conditions de vie des producteurs locaux. La première étape de cette aide concrète sur le terrain ivoirien consiste à récolter assez d’argent pour permettre à une coopérative regroupant plusieurs plantations familiales de recevoir une certification bio. "La certification permettrait aux entreprises qui produisent du chocolat bio d’acheter leur cacao", souligne le repreneur de la maison Guérin-Boutron. Pour récolter de l’argent, une grande soirée de gala a lieu ce samedi soir à l’hôtel Métropole.

Dans le futur, Johann voudrait réhumaniser la filière du cacao en Côte d’Ivoire et tout ce qui va autour. Il vise notamment une meilleure rémunération des travailleurs en "multipliant leurs sources de revenus". Sa vision inclut aussi de rendre le chocolat accessible au plus grand nombre et ce, main dans la main avec la population locale. Un bâtiment à Abidjan est déjà prêt à accueillir un centre de formation pour les Ivoiriens qui voudraient apprendre à produire leur chocolat.