Bruxelles

On pourrait arpenter la rue du Beau Site, une perpendiculaire à l'avenue Louise, à deux pas de la place Stéphanie, sans jamais se rendre compte que cette rue sans prétention détient un bijou architectural des années cinquante.

Implanté au centre d'un îlot, à l'abri des regards indiscrets, le Royal Tennis Club de Belgique est un très bel exemple des prouesses architecturales d'après-guerre, comme le prouvent entre autres sa voûte elliptique et son escalier d'honneur.

Construit en plein centre-ville en 1954 par l'architecte Emile Goffay et sous la haute direction de l'ancien champion de tennis Philippe Washer, le Royal Tennis Club est alors un des premiers centres couverts de tennis.

D'après Gilbert Elseneer, propriètaire de ce lieux surprenant depuis plus de trente ans, Philippe Washer voulait un club d'un grand luxe et aux dimensions internationales - le hall de tennis fait 13 m de haut. "Il supervise la construction dans les moindres détails ; jusqu'à la finition des vestiaires qui sont une copie conforme de ceux de Wimbledon."

Jusque dans les années nonante, le club accueillait les plus grands champions de tennis, comme Jacky Brichant et plus récemment André Agassi, et était le théâtre de grandes manifestations de tennis, telles que la Coupe Davis et les championnats de Belgique indoor.

Aujourd'hui, bien qu'il ne puisse plus se permettre d'organiser de tels événements, le Royal Tennis Club vaut toujours le détour de part son architecture hors du commun.

Les grands arcs en lamellé-collé du spacieux hall de tennis ont fait la renommée du club. "C'était la première fois que de tels arcs étaient conçus en bois", affirme Gilbert Elseneer. Le hall de 35 mètres de long donne l'impression d'être à l'intérieur d'une gigantesque coque de bateau.

La façade de l'édifice, ainsi que l'escalier d'entrée, induit facilement le visiteur en erreur, avec ses allures de cinéma du début des années cinquante.

Le bar, quant à lui, déteint avec le reste du club, de part son style très British. "Philippe Washer voulait recréer l'ambiance du club de Wimbledon, raconte Gilbert Elseneer. Les habitués du club aiment se retrouver autour du feu ouvert."

Ses propriétaires

Après avoir joué et puis entraîné l'équipe nationale de Belgique sur les courts du Royal Tennis Club, Gilbert Elseneer rachète le centre avec un groupe d'amis en 1976. Depuis, ce mordu du tennis a, avec passion, entretenu et maintenu le club dans son état originel. "Pourquoi changer une merveille ?", s'étonne Gilbert Elseneer.

Son fils, Gilles, qui est né et a frappé sa première balle dans ce club, compte tout doucement reprendre le flambeau. 97e joueur ATP en 2004, Gilles Elseneer a mis un terme à sa carrière professionnelle en janvier dernier. Depuis, il entraîne de jeunes futurs prodiges sur les courts en vynils suédois et apprend à gérer le club.

"Bien que je compte quelque peu modifier l'organisation du club, je vais le maintenir dans le même état qu'il y a cinquante ans, comme mes parents l'ont fait jusqu'à présent." O.H. (st.)