Bruxelles

Inauguré fin mars dernier à l’ancien hôtel Dewez, au 79 de la rue de Laeken, le Musée belge de la franc-maçonnerie tend déjà vers la lumière - entendez qu’il commence à devenir un lieu très apprécié des visiteurs, touristes ou non. S’il n’a pas encore l’aura de certains grands alter-egos européens dont celui de la rue Cadet à Paris, le MBM entend aussi faire régulièrement l’événement par des expositions temporaires de qualité. Ainsi, depuis le début de ce mois et jusqu’au 31 octobre prochain, l’on peut y découvrir la collection unique de bijoux Rose-Croix constituée par le grand connaisseur de l’Art royal qu’est Daniel Guéguen, qui l’a lui-même rassemblée à partir des collections Baylot et Lebey. Mais ces pièces aussi uniques que superbes sont entourées de quelques trésors "maison" des collections du Musée et de celui du Grand Orient de France. Et pour le mettre vraiment dans l’ambiance, le visiteur est accueilli aux sons de pièces d’Eric Satie, composées pour les Salons de la Rose-Croix de Péladan au début du XXe siècle à Paris et de pièces de Haydn et d’autres autour des dernières paroles du Christ sur la croix.

L’expo nous emmène "de l’Utopie à la Connaissance". Même si l’on est peu familiarisé avec la thématique, pas de problème : d’entrée d’exposition, les organisateurs nous rappellent les mots-cadre de la pensée Rose-Croix originelle qui s’est notamment développée en Allemagne. C’est "libérer l’homme, c’est l’émanciper par la transmission des savoirs en l’amenant à découvrir la Connaissance mais aussi en proclamant la loi d’Amour".

Voilà un projet humaniste né dans la foulée de la Renaissance, au siècle de la Réforme, voire de la Kabale chrétienne, et qui débouchera sur une "République des lettres" qui diffusera lergement les savoirs, tous les savoirs. Et donc les Rose-Croix contribuèrent aussi largement à l’émancipation des esprits.

Mais la pensée Rose-Croix se lança aussi dans des voies nettement plus ésotériques et proches de l’alchimie : cette double dimension est de fait présente elle aussi dans l’exposition.

En réalité, expliquent encore les organisateurs, "la Rose-Croix sera à la fois chrétienne, naturaliste, humaniste, maçonnique, hermétique et alchimique, magico-ésotérique, symboliste et artistique. Et cela parfois de manière séparée ou alors concomitante". Ces diverses influences ont aussi eu des répercussions sur les bijoux exposés avec une évolution progressive des symboles. Ce qui fait aussi qu’on va à la découverte non pas du mais des mondes qui ont fait la Rose-Croix. Avec moult réflexions à (re)considérer, car l’on ne peut accéder au savoir que par la persévérance. Comme l’a dit la Confessio Fraternitatis, "il faut que les hommes atteignent à l’entendement par la vertu, le travail et l’intégrité" . En restant libres comme les maçons

Rens. : 02.223.06.04 ou info@museummacionicum.be; site : www.museummacionicum.be