Bruxelles Beliris dépose un projet. Méfiants, certains commerçants du centre de Bruxelles annoncent un nouveau recours au Conseil d’Etat.

En juin dernier, la Région de Bruxelles-Capitale avait dû retirer le permis d’urbanisme accordé en février 2016 pour le réaménagement des boulevards du centre. Pour cause, l’auditeur du Conseil d’Etat, saisi par une association de commerçants, avait ouvert la voie à une suspension qui n’augurait rien de bon pour les ambitions de la Ville de Bruxelles. Ce projet de réaménagement doit offrir sa convivialité à une zone - courant de la place de Brouckère à la place Fontainas - que la Ville de Bruxelles a interdite aux voitures en juin 2015 et qui souffre, depuis, d’une image négative. Après cette victoire du Groupement du commerce du centre de Bruxelles (GCCB), farouchement opposé au projet, le dossier a été repris par Beliris, organe fédéral qui gère des fonds spécifiquement dédiés à la capitale. Beliris finance le gros du projet et vient de déposer une nouvelle demande de permis.

Elien De Swaef, porte-parole de Beliris, confirme et précise qu’une nouvelle enquête publique démarrera la semaine prochaine. Une commission de concertation sera ensuite réunie avant la délivrance du permis, espérée pour le mois de juin. Les relations furent souvent tendues entre la Ville de Bruxelles et Beliris qui ne souhaitait pas délier les cordons de la bourse avant d’avoir l’assurance que son permis ne coure pas un trop grand risque d’annulation. Le différend semble aujourd’hui aplani et ce nouveau projet se donne pour objectif de répondre aux remarques de l’auditeur du Conseil d’Etat, surtout pour ce qui concerne l’impact de la piétonnisation de la place de Brouckère. Selon Beliris, l’accès de la place sera facilité via un parcours passant par la rue du Cirque et la rue de Laeken en assurant un accès au parking de la zone. L’hôtel Métropole planté en plein piétonnier recevra un accès privé au départ de la rue Fossé aux Loups qui traverse la zone piétonne à l’entrée de la place de Brouckère. Des potelets rétractables délimiteront cette zone spécifique. Il s’agira aussi de faire fonctionner zone piétonne avec la rue Neuve, première artère commerçante de Bruxelles alors que le boulevard Adolphe Max se vide de ses commerces.

Le plan de circulation en cause

Pour le reste, le réaménagement s’articule autour des trois places (Fontainas, Bourse et de Brouckère) et se chiffre à 21 millions d’euros. Alain Berlinblau, porte-parole du GCCB, attend d’avoir accès à la demande de permis mais réaffirme à "La Libre" son intention d’attaquer à nouveau le projet. "Nous ne souhaitons pas que les travaux démarrent avant que le Conseil d’Etat se soit prononcé sur le plan de circulation qui a dissuadé une bonne partie de la clientèle de venir dans le centre", dit-il. Deux recours ont été introduits suite à des modifications du plan de circulation de la Ville qui a procédé par arrêtés du bourgmestre pour mettre fin au trafic sur les boulevards et alentours. Hassan Kessas pour l’association Centre-Bourse continue de fustiger les méthodes et le manque de concertation du bourgmestre Yvan Mayeur (PS) et n’exclut pas non plus de passer à l’action. Depuis la piétonnisation, les fermetures de commerces se poursuivent. "Les grandes enseignes de la rue Neuve ont perdu 30 % de leur chiffre d’affaires et les répercussions du piétonnier se font sentir jusque dans les Marolles", ajoute Alain Berlinblau.