Bruxelles

Sans faire de bruit, voilà une initiative qui inscrira le centenaire de la Grande Guerre dans la longue durée à Bruxelles…

La Direction du Patrimoine culturel de la Région de Bruxelles-Capitale a procédé ces jours-ci dans chacune des 19 communes à la plantation d’un orme accompagné d’une plaque commémorative. Et ce dans un espace public où l’arbre sera remarqué.

Si le choix de la date pour ces plantations semble aller de soi, le choix de l’orme est tout autant symbolique. "En effet" précise-t-on chez ses promoteurs "la Grande Guerre, outre la désolation qu’elle apporta dans chacune des familles concernées par ce conflit, apporta également dans nos régions la terrible maladie de la graphiose de l’orme ou maladie hollandaise de l’orme qui décima, dès 1917 et en quelques années, près de 40 % des ormes européens. Véhiculée par un petit coléoptère nommé scolyte, cette maladie d’origine asiatique semble avoir été importée dans le cadre des millions de stères de bois qui furent nécessaires à l’entretien des armées, que ce soit pour le chauffage, la cuisine ou la consolidation de tranchées".

Une double invasion

Ce qui fut nécessaire à la protection des soldats fut donc à l’origine d’une tout autre invasion causée par un simple champignon !

"Les années 1970 connurent à leur tour une nouvelle épidémie causée par une autre espèce de champignon encore plus virulente qui acheva la population européenne dont il ne reste aujourd’hui que très peu d’exemplaires (dont deux exemplaires exceptionnels inscrits sur la liste de sauvegarde boulevard du Jardin botanique). Cette fois-ci, l’attaque provint des États-Unis via l’importation de grumes infectées. Heureusement, des variétés et des espèces originaires des États-Unis ainsi que des exemplaires naturellement résistants à la graphiose nous permirent de sélectionner des individus résistants comme ceux plantés en ce jour de commémoration".

Un témoignage de respect du passé mais aussi de confiance en l’avenir.Christian Laporte