Bruxelles La venue de Mgr Sarah amène l’abbé Mawet à faire une mise au point.

Un invité de marque, ce mercredi 7 février à 20h30 à l’église Notre-Dame de Stockel… Le cardinal Robert Sarah viendra y présenter son ouvrage "Dieu ou rien". Sa conférence sera précédée à 18h30 d’une messe concélébrée aussi par le cardinal De Kesel.

Ce prélat guinéen qui dirige la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements a souvent pris des positions tranchées. Cela a amené l’abbé Philippe Mawet, le responsable de l’Unité pastorale de Stockel-au-Bois de préciser sa pensée autour de ce rendez-vous "entre enthousiasme et crispation, entre joie de vivre un important événement d’Eglise et souffrance de ne pas voir les questions d’Eglise et de société abordées avec plus de justesse et de bienveillance. Je ne veux pas tomber dans les a priori faciles et les jugements hâtifs par rapport à sa parole qui a l’avantage de cerner de véritables questions mais d’y répondre trop souvent avec une logique dichotomique qui fait plus de place aux principes qu’aux personnes".

Un titre choquant

Mais si Philippe Mawet réagit c’est par rapport au titre donné de son exposé "Dieu ou rien". "Je sais que c’est le titre d’un de ses livres mais au nom de ma foi et de ma fidélité à l’Eglise, je ne peux absolument pas souscrire à une telle proposition. Sans doute s’agit-il d’un slogan qui se veut ‘accrocheur’mais, outre le fait que ce titre est aux antipodes de l’Evangile, cette façon de présenter la foi chrétienne me sem ble peu respec tueuse (et même totalement irrespectueuse) pour tous nos frères et sœurs en humanité qui ne partagent pas notre foi." Et de dire avec regret qu’"il y a là l’affirmation d’un ‘totalitarisme divin’que je ne peux admettre ni, encore moins, annoncer".

Philippe Mawet dit respecter le chemin de foi du cardinal guinéen "mais il peut difficilement en conclure que les incroyants sont dans le ‘rien’, c’est-à-dire dans le néant".

L’abbé Mawet estime que "ce type d’affirmation peut avoir de lourdes conséquences au plan pastoral dans un monde où il faut tenir compte de l’absence (ou du refus) de Dieu chez un nombre ‘important’de nos contemporains".

Cela amène donc le responsable de l’Unité pastorale à dire qu’il ne "peut pas se faire solidaire d’une telle proposition faite au nom de l’Eglise, fût-ce par un cardinal". Clairement l’abbé Mawet ne se désolidarise pas de l’initiative; ni de la présence du cardinal De Kesel.

Pas d’illusions identitaires

Mais entend "redire que cette rencontre ecclésiale ne peut pas nous bercer dans des illusions identitaires qui ne réconforteraient que ceux qui sont déjà convaincus. Je voudrais nous inviter à une lucidité sur ce que nous disons quand nous affirmons que notre foi fait de nous des missionnaires. Et c’est vrai… mais pas n’importe comment ! Nous serons toujours, comme missionnaires, ce que j’appellerais des ‘sentinelles de la Miséricorde’. Et de conclure que "sans nier les différences enrichissantes et en osant reconnaître les divergences plus fondamentales, l’unité passera toujours par la reconnaissance de la dignité de chacun". Il en appelle donc à la sérénité afin de dépasser les différences et divergences.