Bruxelles

Les réparations provisoires du tunnel Stéphanie en vue d'une possible réouverture dans l'attente d'une rénovation plus lourde devraient consister en un renforcement à l'aide de structures en acier et de béton projeté, a indiqué mercredi le directeur général de Bruxelles mobilité, Jean-Paul Gailly. Aux côtés de deux ingénieurs de son administration, celui-ci a longuement répondu aux nombreuses questions des députés de la commission spéciale du parlement bruxellois chargée d'investiguer sur les circonstances de la dégradation des infrastructures routières souterraines de la capitale et sur les mesures prises. M. Gailly est entré en fonction à la tête du département de la mobilité en 2013. Son audition n'a pas encore permis de tirer de leçons sur des responsabilités politiques éventuelles dans le dossier bruxellois chaud du moment.

On y verra peut-être plus clair lors de la prochaine séance prévue le mercredi 17 février prochain, et qui permettra d'entendre des fonctionnaires en charge de Bruxelles mobilité jusqu'en 2013, année de l'élaboration du Master plan sur l'état et la sécurité des tunnels, qui n'a pas été soumis au gouvernement, selon plusieurs protagonistes du gouvernement bruxellois sortant.

L'audition de mercredi a en tout cas permis de constater qu'il a servi de fil rouge surtout pour les travaux urgents gérés par deux équipes de 14 personnes en tout (sur une administration de 500) de Bruxelles Mobilité, et dont certains sont encore en cours.

M. Gailly n'a pas caché que le personnel de Bruxelles Mobilité affecté à la sécurité des tunnels était fort sollicité, mais faisait preuve d'un grand sens des responsabilités. Il a ajouté qu'à son arrivée à la tête de cette administration, il avait plutôt dû se livrer "à un parcours découverte", laissant entendre qu'il n'avait pas reçu énormément d'informations de son prédécesseur. Il a alors fallu selon lui oeuvrer à une plus grande transversalité entre les services, notamment en créant une plate-forme de crise pour les tunnels.

La promesse du recrutement de sept ingénieurs supplémentaires, par le gouvernement bruxellois, est vécue par son département comme un soulagement.

Cela permettra de renforcer la fréquence de l'inspection des ouvrages d'arts à concurrence d'une tous les quatre mois, a-t-il dit. Jusqu"'en 2002, il n'y avait guère plus d'un contrôle tous les trois ans.

"J'ai un ministre extrêmement préoccupé par le problème des tunnels et qui ne ménage pas son administration, c'est le moins que l'on puisse dire", a-t-il dit à propos de l'actuel ministre de la Mobilité Pascal Smet. Interrogé sur le mode de travail des deux ministres qu'il a connus depuis son arrivée, il a ajouté que le mode relationnel adopté par Brigitte Grouwels (CD&V), ministre en charge jusqu'en juin 2014, était "différent", ce qui tenait sans doute au fait que des membres du département avaient intégré le cabinet de la ministre, a-t-il justifié.

Par ailleurs, il apparaît que le transfert des dossiers relatifs aux tunnels, entre le fédéral et la Région, au moment de la naissance celle-ci, a donné lieu à une perte de documents. M. Gailly a promis de faire procéder aux recherches de tous ceux qui existent encore et de vérifier ce qui pu se passer à ce moment-là.

Il a confirmé que le Masterplan sera actualisé et donnera lieu à un rapport "high level" d'ici la fin du mois de mars, ce qui permettra de planifier à terme la rénovation de l'ensemble des tunnels de la capitale.

En ce qui concerne le tunnel Stéphanie, le directeur général de Bruxelles Mobilité a précisé qu'il espérait avoir les résultats de calculs complémentaires d'ici quelques jours. En cas de réouverture provisoire, son délai sera tributaire de la nécessité ou non de devoir passer par un marché public, a-t-il dit en substance.​


"Rien ne justifie de fermer le pertuis du métro"

Les relevés topométriques effectués ne révèlent pas de mouvement de la structure de béton qui justifierait de devoir fermer le tunnel du métro qui surplombe le tunnel Stéphanie, ont affirmé mercredi après-midi les responsables de Bruxelles Mobilité auditionnés par la commission spéciale du parlement bruxellois chargée de procéder à un examen en profondeur du dossier des tunnels de la capitale. Selon Jean-Paul Gailly, directeur-général de Bruxelles Mobilité, il est ainsi avéré qu'"il n'y a pas d'interaction possible entre les deux dispositifs".

A quelques heures de la réunion de la commission spéciale du parlement bruxellois au sujet du dossier des tunnels routiers de la capitale, la députée Ecolo Céline Delforge s'était demandée si au-delà de la fermeture du tunnel Stéphanie, le pertuis du métro passant au-dessus dudit tunnel, ne devrait pas être également fermé. Elle se fondait pour ce faire sur un des documents transmis à la commission, à savoir l'avis transmis par Egis tunnels consulté au sujet des suites à donner à la situation observée dans le tunnel Séphanie.

Egis y préconise de manière impérative la mise en place immédiate d'un "suivi topométrique des structures du plafond du tunnel Stéphanie dans tout le tronçon nord".

La société y ajoute qu'"en cas de déplacements significatifs, il faudra mettre en place de façon immédiate des mesures de stabilisation provisoires (étançonnage lourd), et, le cas échéant, examiner les conditions de maintien en service du tunnel Louise et du métro".