Bruxelles

Qui entend cantine scolaire se remémore souvent ces repas pris dans les bruyants réfectoires de l'école de son enfance. Pour certains, le fameux boudin-compote-purée évoque de bien mauvais souvenirs. Pour d'autres, en revanche, rien que l'idée du célèbre macaroni-jambon du mardi fait saliver. Il faut dire qu'à une certaine époque, les repas de la cantine variaient peu. Les boulettes sauce tomate- frites du lundi, les raviolis du jeudi...

A Molenbeek, cette période est révolue. Depuis près de dix ans, la commune ne sert plus de porc aux enfants excepté le mercredi, jour très peu fréquenté dans les cantines du pays. «Ici, ça fait longtemps que les élèves ne mangent plus de porc. Et c'est d'ailleurs comme ça dans toutes les écoles communales de Molenbeek», répond le secrétariat de l'école 16 à une maman souhaitant inscrire son enfant. Si le porc a disparu depuis belle lurette, la viande hallal - traduisez viande provenant d'animaux sacrifiés selon les rituels de l'islam - vient de débarquer. Cette décision prise par le collège molenbeekois est d'application depuis début janvier. Pas moins de 25 écoles communales sont concernées par cette nouvelle offre.

Cette décision a été prise à l'initiative de l'échevin Mohammed Daif (PS), en charge de l'Economat administratif. Elle est soutenue par le bourgmestre molenbeekois Philippe Moureaux (PS): «Nous répondons à une forte demande de la population. Je rappelle qu'il s'agit d'un choix qui s'offre aux parents et non d'une obligation.» Et l'échevin de compléter: «cette mesure fait suite à de nombreuses pétitions de parents d'élèves molenbeekois qui souhaitaient qu'on puisse respecter toutes les confessions à l'école.»

L'idée est particulièrement louable, une grande partie d'élèves de confession musulmane fréquentant les écoles communales de Molenbeek. L'absence de nos bonnes vieilles boulettes sauce tomate ou du boudin-compote semble par contre perturber certaines mamans d'élèves.

«Si je trouve cette idée judicieuse, je me demande toujours pourquoi on ne trouve plus de porc dans les écoles de Molenbeek. Quitte à offrir le choix, autant que cela soit pour tout le monde. Au-delà d'une action tout à fait honorable, je pense que Philippe Moureaux tente à nouveau de satisfaire un électorat qui constitue de plus en plus son principal fonds de commerce», estime Carole, cette jeune maman d'élève.

© La Libre Belgique 2006