Bruxelles

L'opposition a tenté en vain d'en savoir plus, lundi soir, essentiellement à l'initiative du cdH, sur l'étendue de la situation déficitaire de l'asbl de la Ville de Bruxelles Renobru. Celle-ci est chargée de gérer des projets de rénovation de logements dans le cadre d'un projet d'économie sociale destiné à l'origine à l'insertion socioprofessionnelle d'un public infra-qualifié émargeant au CPAS. Anciennement dénommée "projet X", cette entreprise publique d'économie sociale avait été lancée en 2005, à l'initiative, notamment d'Yvan Mayeur, alors président du CPAS, pour rénover des logements privés - mais depuis une réorganisation entamée en 2015, également publics.

Le dossier a été mis en avant par le conseiller communal Hamza Fassi Fihri (cdH), dans le cadre du débat sur l'ajustement budgétaire 2018 adopté lundi soir à majorité contre opposition.

Suivi en cela par DéFI et Ecolo, l'élu de l'opposition a rappelé que le 11 juin dernier, le conseil communal avait donné son feu vert à une intervention du collège dans le déficit aux comptes de Renobru pour les années 2016 et 2017, pour un total de 1,847 million d'euros (420.172 euros en 2016, et 1.427.000 d'euros en 2017).

L'ajustement budgétaire de lundi soir intègre, en outre, une hausse d'un million d'euros des moyens octroyés par la Ville à Renobru pour l'année en cours.

Pour M. Fassi-Fihri, la majorité PS-MR a demandé au conseil de passer l'éponge, sans présenter le moindre document détaillé sur cette situation (comptes annuels, budgets, rapports d'activités, les plans d'assainissements éventuels).

Interrogé en marge du conseil communal, le représentant des Verts au C.A. de Renobru, Jérôme Jolibois a souligné que depuis l'arrivée d'un nouveau directeur à Renobru, il y a moins d'un an, "on en découvre tous les jours" sur la gestion passée de l'asbl: des travaux de rénovation parfois effectués sans permis et/ou non assortis de l'avis des pompiers, manque de personnel à même de renforcer les effectifs de terrain, retards, en conséquence, de chantiers et, par effet de cascade, retrait de subsides.

Du côté du CPAS, on ne nie pas les difficultés héritées du passé. On souligne que les comptes ont été soumis et approuvés par un réviseur d'entreprise. Depuis 2015, l'association est soumise à un nouveau plan de gestion. Des mesures ont été prises pour stabiliser la situation financière. On vise le retour à l'équilibre financier d'ici 2020. Les infractions urbanistiques ont été constatées pour trois contrats sur soixante immeubles et trois cents logements rénovés par l'asbl.

Le bourgmestre Philippe Close (PS) a indiqué, lors du débat budgétaire, que le collège s'engageait à exposer des chiffres bien plus précis sur la situation à la rentrée, et en tout cas avant de liquider la somme que la Ville a décidé d'engager dans le budget ajusté.