Bruxelles Pour les commerçants, c’est l’image de la chaussée qui est en jeu.

Aujourd’hui, la chaussée d’Ixelles et son tronçon flambant neuf seront inaugurés par la Région. Si la partie qui commence à la Porte de Namur et qui s’arrête à la place Fernand Cocq sera propre comme un sou neuf puisque entièrement rénovée, c’est plus loin que ça se gâte…

Quand on descend la chaussée d’Ixelles depuis la place Fernand Cocq, il est difficile de faire abstraction de tous ces tags qui criblent les murs, les volets métalliques des magasins… et même leur vitrine. Graffitis, tags à l’acide ou simples détériorations à la clé sur les vitrines, le vandalisme est présent à chaque coin de cette partie de la chaussée d’Ixelles. "Observez cette rue, c’est presque une maison sur deux qui est peinturlurée d’horribles dessins", déplore une riveraine. "Le pire, c’est que je sais que ce sont des gens du quartier qui viennent faire ça, tôt le matin. On a repeint notre porte trois fois !"

Pascal Coduys, gérant d’un magasin de cadres sur la chaussée, a déjà dû faire remplacer sa vitre. "Ils ont tagué à l’acide en plein sur une inscription de la vitrine et c’est impossible à nettoyer. C’est la deuxième fois en un an. J’ai dû remplacer la vitre, ça m’a coûté 400 euros hors TVA… Et ça, la commune ne prend pas en charge."

Signatures illisibles et coulantes

Et en plus d’être coûteux, ce phénomène nuit à l’image de la rue et des commerces qui y sont installés. "Je ne pense pas que ça pousse ma clientèle à ne plus venir mais, franchement, regardez cette rue, ça ne donne pas envie de venir s’y balader", poursuit Pascal Coduys. Et ses voisins depuis 1974 partagent le même avis : "La commune est venue nettoyer les graffitis qu’il y avait sur notre pierre bleue, en dessous de la vitrine. On apprécie ce service de la commune et on s’estime heureux de n’avoir encore rien eu depuis, mais cette rue est devenue vraiment moche. Et quand Bruxelles-Propreté décide d’oublier nos poubelles, je vous laisse imaginer le pire", témoigne Rosa, l’une des gérantes du traiteur italien Spiga d’Oro, tout en bas de la rue.

Et si on peut parfois observer de jolis dessins que l’on peut communément appeler de l’art, la plupart des graffitis sont de simples signatures illisibles et coulantes qui n’inspirent pas grand-chose. "Je pense simplement que ces personnes ont besoin d’afficher leur rébellion. Elles veulent être vues et reconnues. Ce n’est pas pour rien que depuis que j’ai ouvert le magasin, c’est trois fois le même tag qui s’est retrouvé sur ma vitrine", conclut Pascal Coduys.