Bruxelles

Le MR s'inquiète de l'application effective d'une zone 30 généralisée dans toute la Région bruxelloise, comme le prévoit le plan de la secrétaire d'Etat bruxelloise à la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V) et du ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a), indique lundi le chef de groupe libéral Vincent De Wolf (opposition) dans un communiqué. "Mettre tout en zone 30 n'est pas la solution", réagit pour sa part le député PS (majorité) Ridouane Chahid sur Twitter. Le cdH se montre également prudent.

"Dans l'attente de l'examen de ce plan, je m'inquiète quant à l'application effective de ce dernier tant sur les moyens de contrôle que les budgets consentis afin d'adapter les voiries régionales et locales aux usagers faibles", indique lundi Vincent De Wolf, au nom du groupe MR au parlement bruxellois. "Je ne suis pas convaincu que la zone 30 généralisée puisse apporter des solutions dans tous les quartiers (...) Il faut maintenir la qualité de vie des quartiers mais également assurer une fluidité suffisante. Les panneaux de signalisation ne suffiront pas", conclut le député. Selon lui, "il faut d'abord se concentrer sur les axes comportant les usagers faibles: cliniques, hôpitaux, homes et les écoles."

"Mettre tout en zone 30 n'est pas la solution!", a pour sa part réagi le député PS Ridouane Chahid (majorité) sur Twitter. "Une politique de sécurité routière identique doit être menée par les six zones de police. Avec notamment comme priorité: lutter contre les vitesses excessives", a-t-il ajouté.

Également dans la majorité régionale, le chef de groupe cdH au parlement bruxellois Benoît Cerexhe s'est lui aussi montré prudent: "Attention aux mesures générales qui supprimeraient toute distinction entre rues de quartier, voiries inter-quartiers et axes structurants. Le mieux est parfois l'ennemi du bien", a-t-il lancé sur Twitter.


"Logique" pour le Gracq

Généraliser le 30 km/h en Région bruxelloise est "logique", selon le Gracq. Pour l'association de défense des cyclistes, cette mesure augmente la sécurité sur les routes, réduit le bruit, la pollution, le sentiment d'insécurité et augmente la convivialité dans la rue. "Cette mesure profite à tous, usagers de la route comme riverains", souligne le Gracq dans un communiqué. "Les chiffres parlent d'eux-mêmes: un piéton heurté à 50 km/h meurt dans 45% des cas. Une proportion qui tombe à 5% à 30 km/h. Réduire la vitesse en ville, c'est assurer davantage de sécurité sur nos routes."

L'association rappelle que la mise en zone 30 était prévue dans le plan de mobilité Iris 2. Inverser le régime de vitesse - faire du 30 km/h la règle et du 50 km/h l'exception - n'est donc que la continuité de la politique amorcée, selon elle.

"C'est une excellente nouvelle, mais la mise en œuvre d'une telle mesure ne s'improvise pas", rappelle néanmoins Florine Cuignet, chargée de politique bruxelloise au Gracq. "L'adhésion au principe de 'Ville 30' nécessite d'en comprendre les enjeux réels: cela passe par de l'accompagnement et de la communication, comme le démontrent les exemples à l'étranger. D'autre part, la Région doit se doter des moyens nécessaires pour veiller au respect de la mesure."