Flandre

Derrière les mastodontes Werchter, Dour ou autre Couleur Café, des objets culturels pas vraiment identifiés se construisent au jour le jour, dans la discrétion. C’est le cas de l’Urban Fusion Festival, né d’une communion entre plusieurs acteurs du tissu associatif jettois. Résultat d’une étroite collaboration entre le projet interquartier (Piq) et le centre culturel de Jette, cette deuxième édition du concept de mise en lumière des arts urbain a la volonté de positionner la vie des quartiers bruxellois sur le devant de la scène.

Pour Baudouin Detroz, responsable du Piq, cette démarche s’inscrit "dans un objectif de coller à la réalité du terrain en transformant la passion pour les arts de la rue en un événement culturel à part entière." Acteur-actif dans le social, il souhaite ainsi "donner un petit morceau de scène à une créativité débordante qui n’a pas souvent l’occasion de s’exprimer." Julien Casimir a mis sur pied il y a moins de six mois l’ASBL "Street fusions", qui chapeaute l’évènement. Enthousiaste, il évoque un "désir énorme de faire quelque chose de bien pour les artistes mais également pour le public." Un public souvent délaissé sur le plan culturel, qui ne dispose pas d’une pléiade de concepts artistiques dans lesquels il peut se retrouver.

En misant sur un décloisonnement de la musique rap trop souvent cataloguée comme le reflet musical violent d’une société un peu bancale, l’UFF souhaite également redonner vie, le temps d’un week-end à des quartiers tels que Belgica ou Maritime, "des déserts culturels trop souvent stigmatisés" pour le fondateur de "Street fusions".

Dans le souci d’éviter un repli artistique, l’UFF s’ouvre cette année à des horizons musicaux variés. Selon les mots de Thierry Wenez, directeur du centre culturel de Jette, s’il est "nécessaire de mettre l’urbain en valeur, il est également important de réaliser, dans une démarche, presque politique une rencontre de plusieurs publics aux goûts différents.". C’est le cas dès le premier jour, qui allie jazz et musiques urbaines, avec en tête d’affiche le groupe "Rue des Pécheries". Ce dernier pourrait attirer des spectateurs a priori moins sensibles aux créations purement hip-hop et slam.

Cette édition, placée sous le signe du handicap via l’association 6e sens se veut également participative avec, durant les trois jours du festival des sessions dites "open mike" où les artistes non confirmés, pourront s’essayer au hip-hop. Le tout, sous l’œil attentif de rappeurs reconnus tel que Akro, porte-drapeau historique du rap belge avec son groupe Starflam.

L’"Urban Fusion Festival" se tiendra à la salle des Fêtes de Jette les 11 12 et 13 novembre.

L’exposition "Graffitizm" aura lieu le 30 octobre au centre culturel de Jette. Renseignements sur www.urbanfusion.be