Flandre

Lorsque les premières dépêches sont tombées évoquant une "prise d’otage à Gand" ce lundi matin, la nouvelle n’a pu que faire écho aux récits qui provenaient de Sydney et qui évoquaient, en Australie, une séquestration à visées terroristes.

Pourtant, aux lisières de la ville flamande, dans la petite Pilorijnstraat, il semble n’y avoir eu aucune revendication religieuse ou politique dans le chef des accusés.

Des suspects délogés

"Appelez la police, quatre personnes sont dans mon appartement, ils ont posé un revolver sur ma tête. Mon copain est encore là-bas."

Il était à peine neuf heures ce lundi matin dans cette ruelle populaire de Gand, lorsqu’un homme s’extirpe d’une habitation et prévient immédiatement Carine Malfait, une commerçante voisine qui s’occupe, raconte-t-elle aux journalistes, d’appeler directement les forces de l’ordre.

L’alerte était suffisamment inquiétante pour que trente agents de la police locale se déploient, et, épaulés par la police fédérale, mettent en place un large périmètre de sécurité en interdisant aux voisins de sortir de chez eux.

Si l’alerte a donc été prise "très au sérieux" par le parquet de Flandre orientale, trois suspects n’ont pas tenu longtemps avant de se rendre, les mains en l’air, face à l’assaut d’une vingtaine de policiers lourdement armés.

Le milieu de la drogue suspecté

Est-ce une prise d’otage, s’est pourtant interrogée Annemie Serlippens, porte-parole du parquet un peu avant quinze heures.

Face aux caméras de la très nombreuse presse internationale, la porte-parole se montre prudente. "Il n’y a aucun indice renvoyant à un acte de terrorisme ou à l’Etat islamique." "On s’oriente vers un différend dans le milieu de la drogue."

La fin de journée, elle, n’avait encore rien éclairé. Les hommes étaient-ils réellement armés alors que la police n’a retrouvé aucune arme ? Un quatrième homme, neutralisé sur place, faisait-il partie de la bande ? Quelles étaient réellement les intentions des accusés ? "Les suspects sont à présent interrogés par la police", a conclu Annemie Serlippens.

Sur ces entrefaites, les caméras se sont écartées de la Pilorijnstraat, laissant toute la place aux devantures fermées d’un lundi de décembre, et à la fine pluie flamande qui s’occupera, comme si de rien n’était, de refermer le rideau sur un drame "banal" de bien des quotidiens.