Flandre

Le lièvre était levé par la conseillère Clotilde Leal-Lopez (CDH) lors d’une de ses interpellations au conseil communal sambrevillois lundi soir : sans vouloir se déforcer dans ses négociations pour implanter une prison sur le site des anciens bassins de décantation de Saint-Gobain, vu les lourdes incertitudes qui pèsent sur ce dossier, la majorité PS planche bel et bien, en coulisse, sur un plan B. D’autant que, comme l’on sait, sur la quinzaine de millions d’euros des fonds structurels européens Feder reçue par Sambreville, une partie est destinée à la dépollution du site. Et la demande de subvention, avalisée, était entre autres justifiée par la construction de la prison.

Bref, la crainte de la conseillère CDH est de faire s’envoler la manne financière en même temps que la prison. "Selon le décret sol de la Région, le site doit être dépollué aux frais du propriétaire, Saint-Gobain, qui est connu et solvable", martelait la conseillère CDH.

La réponse du bourgmestre Jean-Charles Luperto précisait les dernières évolutions sur le front des fonds Feder : "Comme vous l’indiquez, le gouvernement wallon n’a pas encore adopté définitivement le portefeuille (de projets) de Sambreville. Bien que mon interpellation aux ministres de tutelle pour que les analyses attendues par le gouvernement puissent être réalisées et par conséquent, que les difficultés à cette adoption définitive puissent être dépassées, n’ait pas été de nature à réjouir les agents des directions générales concernées, le gouvernement devrait adopter notre portefeuille de projets en sa séance du 27 octobre, ce jeudi. Cette validation devrait néanmoins se faire à l’exception de deux fiches concernées par une dépollution", à savoir d’une part le site des anciens produits chimiques d’Auvelais, et d’autre part le terrain de la prison.

Des aides d’Etat

Une donnée qui entre dans la danse est celle des aides d’Etat. Quels que soient les projets qui naîtraient, ces sites doivent soit être dépollués par le pollueur s’il existe toujours, soit avoir un intérêt public. Sous peine de voir l’Europe retirer ses subventionnements si elles soupçonnent une aide à une entreprise privée. Le dossier des anciens produits chimiques ne devrait pas poser problème.

Pour le site de la prison, c’est une autre paire de manches. Le bourgmestre assure que le collège n’est pas distrait, qu’il a bien le calendrier en tête (ficeler un autre projet prendra du temps avec permis et autres, et il ne reste que deux ans et demi). Mais le discours aujourd’hui reste bien qu’une prison sera construite à Saint-Gobain.L.S.