Hainaut

La victime a été tailladée par deux individus parce qu’elle portait un voile.

"C’est une agression islamophobe et pas que raciste !" C’est par cette mise au point que le frère de la jeune fille (qui tient à garder l’anonymat) commence l’entretien. Il ne prononce pas ces mots pour attirer l’attention sur la cause musulmane mais bien parce que les actes qui ont été commis lundi soir vers 22h30 à la rue du Château à Anderlues le sont.

La famille qui vit dans le quartier depuis 11 ans ne comprend pas ce qui lui arrive. Jamais elle n’avait connu le moindre problème, ni avec la justice ni avec le voisinage. Pour quelles raisons une telle haine et une telle violence ?

Lundi soir, la famille de la jeune fille se voit confier la garde d’un chien d’une famille amie. Celui-ci est parvenu à se déjouer de la vigilance de la jeune fille et le voilà qu’il s’enfuit sur la route et qu’il file dans la rue du Château. La jeune fille se trouve mal d’avoir laissé s’échapper le chien. Elle enfourche son vélo et fonce à sa recherche. Sur son chemin, elle croise deux individus, des garçons. Ils apostrophent la jeune fille de 19 ans avec un : "Eh ! Voilà une voilée !"

À cette heure tardive et vu l’effervescence causée par la victoire des Diables Rouges au Mondial, personne ne remarque rien.

La jeune fille est alors prise à partie physiquement.

Les garçons la brusquent, lui arrachent son voile et lui enlèvent ses vêtements. Elle est apeurée et sans défense. Même s’ils sont dans la rue, ils ne freinent en rien leurs ardeurs et n’ont d’autre plan que de tenter de la violer. Comme elle se débat, les agresseurs sortent un objet tranchant que ne peut identifier la victime. Le calvaire se poursuit pour elle, ils lui entaillent le torse, le ventre et les bras. Malgré tout, elle parvient à s’enfuir. Au milieu de la rue de Château, elle crie à l’aide. Près d’un sentier, une autre jeune fille entend les appels à l’aide mais arrive trop tard. Plus loin une autre personne la secourt. Ils appellent la famille qui rejoint la victime sous le choc. Ensemble, ils rentrent à la maison pour faire appel à un docteur.

La jeune fille passera la nuit en milieu hospitalier pour finalement rentrer à son domicile où, entourée des siens, elle tentera de se remettre de cette si difficile épreuve. La victime bénéficiera d’un accompagnement psychologique.

Le parquet de Charleroi a pris les choses en main et les rondes de police ont été intensifiées.

Le bourgmestre d’Anderlues Phililippe Tisson s’est aussi exprimé sur les réseaux sociaux pour apporter tout son soutien à la famille et dénoncer publiquement la gravité de tels actes.


20.000 € à qui aidera à l'arrestation des coupables

Fatah Larabi, un entrepreneur d'Anderlues veut soutenir les victimes de violences. Même s'il est actuellement en Algérie pour raisons professionnelles. L'entrepreneur, qui a toujours vécu à Anderlues, se sent touché par le malheur de la victime agressée par deux individus lundi soir vers 22h30.

Sa motivation est noble: aider à son niveau à faire cesser ces actes de violences lâches et gratuits.

L'entrepreneur ne défend pas une cause musulmane mais veut simplement attirer l'attention sur la lutte contre les violences en tout genre et sur n'importe qui. Même si dans ce cas, il s'agit d'une agression islamophobe, Fatah Larabi veux mettre en avant l'aide et la solidarité dont ont besoin les victimes.

Ses motivations pour offrir la somme de 20.000 euros pour quiconque aidera à l'arrestation des coupables sont multiples. Il désire faire partie d'une chaîne humaine capable de mener à la vérité et à l'application de la justice. Il dit également que "des crapules qui ont pu faire ça connaissent peut-être des crapules qui les balanceront pour l'argent".

Pour lui, "l'argent est sur la table, je ne le regarde plus. Si la personne le veut il le prend, s'il veut la moitié, il prend la moitié. S'il ne le veut pas alors cet argent servira à la lutte contre la violence et l'aide aux victimes".

L'entrepreneur affirme qu'il ne cherche en rien à focaliser l'attention sur lui et ne veut pas quantifier la douleur qui peut frapper les victimes et les familles.