Hainaut

Rudy Demotte, ministre fédéral des Affaires sociales et de la Santé publique, était de passage à Mons afin de vérifier si bon usage était fait des importants moyens dégagés pour moderniser et agrandir le CHU Ambroise Paré. L'hôpital est en chantier depuis 2001, des montants colossaux ont déjà été investis, et aujourd'hui, ce qui n'était encore qu'un vaste projet, peu après que Nicolas Martin ait pris la présidence du conseil d'administration, est en train de se concrétiser. «En 2001, il y avait des besoins énormes, on les a identifiés, ce qui a débouché sur deux axes de travail: la construction de la nouvelle aile (l'aile Valenciennoise) et la rénovation des infrastructures existantes, le tout allié à une politique médicale visant à positionner l'hôpital en tant que référence, indique le jeune président. Au total 75,1 millions d'euros auront été investis, subsidiés en très grande partie par le fédéral. En outre, entre 2001 et 2006, 20 millions d'euros ont été dépensés pour l'équipement et la rénovation du site.»

Hier, deux nouveaux services ont été inaugurés dans l'ancienne aile de l'hôpital, construite en 1958, et qui est rénovée petit à petit. Il s'agit de l'hôpital de jour médical et l'unité de soins palliatifs. Le premier permet de soigner une quinzaine de patients par jour tandis que le second propose une capacité de 12 lits. «La vocation initiale des hôpitaux de jour était de dispenser les traitements oncologiques comme la chimiothérapie. Et cela représente encore, il est vrai, 75 pc des gestes effectués, explique le chef de service de médecine interne d'Ambroise Paré, le Dr Davide Diana. Néanmoins l'hôpital de jour peut effectuer d'autres missions thérapeutiques non oncologiques en dispensant, par exemple, des soins à des patients atteints du virus HIV ou encore à des personnes victime de la maladie de Fabry (trouble héréditaire rare causé par une anomalie génétique, qui affecte davantage les hommes que les femmes, NdlR). Nous en soignons 20 pour le moment chez nous, ce qui nous positionne au 3e rang au niveau européen. Le coût du traitement d'un patient est de 200 000 euros par an.»

L'unité de soins palliatifs, dirigée par le Dr Barbara Plehiers, vise pour sa part à prendre en charge non pas des patients ayant déjà un pied dans la tombe, comme il était habituel de considérer le palliatif auparavant, mais plutôt des patients souffrant terriblement de leur maladie et qui demandent une attention plus particulière. «J'ai deux patients dans le service qui retournent chez eux», ajoute le Dr Plehiers.

Et Rudy Demotte de souligner l'importance du développement de telles unités, «afin, dit-il, de soulager le travail des hôpitaux qui sont la plupart du temps encombrés».

© La Libre Belgique 2006