Hainaut

A Binche, ce dimanche, alors que le carnaval battait son plein, plusieurs personnes se sont présentées à la fourrière pour récupérer leur voiture qui avait été embarquée. La scène a été filmée et, selon les spectateurs concernés, aucun reçu ne leur aurait été remis, ce qui est illégal.

Sur la vidéo, plusieurs personnes expliquent ne pas comprendre pourquoi leur voiture a été enlevée. “On était bien garé, ils ont mis notre voiture ici et maintenant, ils demandent de l’argent”, explique l’un d’eux. Une dame, également présente pour récupérer son véhicule, s’en est alors mêlée.

Mais les versions sur les circonstances des faits divergent. “La police nous a appelés pour embarquer les véhicules. L’un d’eux était stationné devant un garage”, précise Jean-Baptiste Chastier, dépanneur, interrogé par La DH. “Les propriétaires ne parlaient qu’anglais, nous ne parvenions pas à nous comprendre. Ce jour-là, j’avais un problème avec mon Bancontact. Je leur ai donc expliqué qu’ils pouvaient payer en liquide mais ils ne semblaient pas vouloir comprendre.”

Entre-temps, la deuxième cliente était revenue avec de l’argent. “Elle a payé un employé mais je ne l’ai pas vu car je discutais encore avec les autres clients. Elle m’a dit que je ne lui avais pas donné de reçu. Je fonctionne avec des bons d’enlèvement, sur lesquels je note 'payé' ou 'non payé'. Ensuite j’envoie la facture chez les clients. Je ne peux le faire sur place, je ne suis pas équipé pour. Mais la dame ne voulait rien entendre.”

Auprès de La DH, le dépanneur binchois s’estime sali. “Nous ne faisons que notre travail, sur demande de la police avec qui je travaille depuis de nombreuses années. Je n’ai jamais eu de problème. Je suis honnête, je n’ai jamais volé personne et j’essaie d’être conciliant avec les personnes qui seraient en difficultés financières. Sur la vidéo, la dame réclame d’ailleurs 20 euros car elle avait payé 120 euros et une autre cliente, 100. Cette dame n’avait que ce montant sur elle, j’ai accepté de faire un geste commercial. Ce que je n’aurais peut-être pas dû faire.”

Le professionnel envisage de porter plainte à l’encontre de la cliente qui a filmé la scène. En parallèle, une enquête a été ouverte par la zone de police de Binche pour tirer au clair cette histoire. “A priori, si une voiture est enlevée, ce n’est pas sans raison. Nous n’avons jamais eu de souci avec les deux sociétés qui travaillent sur Binche”, souligne Muriel Evrard, chargée de communication pour la ville. “Certaines choses ne sont pas claires sur la vidéo. Nous attendons donc les résultats de l’enquête.” Dans tous les cas, ce carnaval laissera un goût amer à plusieurs personnes.

"Nous ne chipotons pas"

Il n’y a pas que durant le carnaval de Binche que les services dépannage triment. Lors du Doudou aussi, de nombreux véhicules sont enlevés.

“En termes de dispositions légales, tout dépend de la politique mise en œuvre au sein de la zone”, annonce le commissaire Philippe Borza. “Chez nous, nous n’enlevons les véhicules que lorsque cela s’avère nécessaire.” Soit dans certaines conditions. “Si le véhicule bloque un accès, constitue un danger pour le public car il est stationné sur le parcours d’un cortège ou s’il gêne le passage de véhicules de secours. Dans ces cas-là, nous ne chipotons pas, nous faisons enlever la voiture.”

La police, qui dispose d’une convention avec plusieurs dépanneurs, en contacte alors un, déterminé par un outil informatique interne afin de respecter une équité entre eux. Une fois le véhicule enlevé, toutes les informations sont introduites dans une base de données commune à l’ensemble des services. Ce qui permet de renseigner l’automobiliste lorsqu’il se présente pour récupérer son véhicule.

Notons enfin que toute intervention est à charge du contrevenant.