Hainaut Inutile de tourner autour du pot. Le chantier de restauration de la basilique de Bon-Secours a pris du retard, même si une éclaircie est apparue ce lundi. Ce volumineux dossier que constitue la basilique comporte plusieurs volets. D’ailleurs, une équation imprévue s’était ajoutée puisqu’il a fallu poser des filets au sein de l’édifice en raison de chutes de pierre. Ce paramètre a été pris en main et réglé en mai. "La réception des travaux a eu lieu le 9 mai et nous avons ensuite pu reprendre les offices dans la basilique même", rappelle Pol Mourin, président de la fabrique.

Concernant la première des cinq grosses phases planifiées de travaux, englobant les toitures basses, en mauvais état, elle devait débuter le 14 mai. "Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu. C’est une société française spécialisée qui a obtenu le marché. Sauf qu’elle a éprouvé des difficultés à appréhender la législation belge et toutes ses composantes, à propos des assurances ou de l’aspect sécurité, entre autres", poursuit Pol Mourin.

Pas de personnel en suffisance

Néanmoins, le chantier a pu débuter. Un des points les plus urgents concernait l’état de la toiture du porche d’entrée de la basilique, qui menaçait de passer à travers. "Nous avons demandé à ce que la couverture du porche soit démontée. La charpente au-dessus du porche était en piteux état. Ce travail a donc été réalisé et puis… plus rien ou presque puisque les congés du bâtiment se profilaient. Et là encore, les dates de congés entre la Belgique et la France, du moins concernant cette firme, ne coïncidaient pas, explique Pol Mourin. On a commencé à ne plus voir l’entreprise et cette période de congés se terminait le 17 août. Le 20, le chantier devait reprendre. Sauf que l’entreprise a connu des soucis internes avec un arrêt de travail. Donc pas de personnel en suffisance."

Vendredi dernier, l’inquiétude grandissait puisque le chantier restait à l’arrêt. Mais ce lundi, une équipe est revenue. "Et pour de bon, semble-t-il. C’est une bonne nouvelle. Nous avons des contacts réguliers avec la firme et une équipe plus complète devrait être mobilisée dans les prochains jours", dit Pol Mourin.


Pendant ce temps, la végétation s’invite

Avec le retour d’une équipe sur place, les fabriciens espèrent pouvoir rattraper une partie du retard déjà accumulé. Le président de la fabrique précise au passage que la charpente du porche a certes été démontée mais pas encore rénovée et reposée. Une bâche verte a été placée pour faire face aux éventuelles intempéries. L’état du porche fait partie des travaux à mener d’urgence. Pour le reste, la première phase des grands travaux de la basilique a trait principalement aux toitures basses, fortement abîmées. De ce fait, les fuites et infiltrations d’eau sont régulières et les grès en subissent aussi les conséquences. La durée du chantier doit s’étendre sur 150 jours ouvrables. En tenant compte des intempéries, il faut plutôt tabler sur une année civile.

"Nous avons déjà perdu du temps. Or nous venons de connaître une période sans grosses intempéries. L’automne et l’hiver vont seulement arriver. C’est ce qui nous inquiète un peu", souligne Pol Mourin.

Les fabriciens doivent aussi composer avec un autre dossier sensible : la végétation qui s’invite sur les tours de la basilique. "Il s’agit d’un dossier tout à fait distinct de celui des toitures et l’intervenant au niveau de la Région wallonne n’est d’ailleurs pas le même , explique Pol Mourin. Pour solutionner ce problème, une demande a été rentrée auprès de la Région wallonne pour éradiquer cette végétation et, sur le principe, elle a été approuvée. C’est le service de maintenance de la Région qui gère ce volet. On a mis en route les adjudications. Six firmes ont été sollicitées pour ce travail et ça va se finaliser. Mais il faudra tenir compte des offres, et donc de la qualité et du prix. Nous espérons que ce dossier pourra être mené à bien le plus vite possible, encore en 2018."

Attaquée de toutes parts et sujette aux caprices du temps, la vieille dame tente de se défendre comme elle peut…