Hainaut Le pont n’offrait plus toutes les garanties de sécurité.

Peu avant 8 h 30 vendredi matin, le pont du Risqu’à Tout est tombé. Le SPW a fait procéder à la démolition de ce pont surplombant le canal Nimy-Blaton et situé à un carrefour formé notamment par la N505. Il faisait la liaison entre les villages d’Harchies et de Blaton.

N’offrant plus tous les gages de sécurité, l’ouvrage était dans la ligne de mire car une rénovation s’avérait assez irréaliste, aussi bien en termes techniques que financiers.

Les éléments du pont broyés sur place

Dès jeudi soir, la circulation fluviale avait été interrompue. L’opération était prévue pour vendredi matin. "Nous avons d’abord découpé les deux extrémités du pont et nous avons utilisé de grosses cisailles qui viennent mordre le béton et qui coupent les câbles. On progresse d’un bord à l’autre en découpant jusqu’à effondrement", explique Stéphane Vercruysse, ingénieur au niveau de la direction des voies hydrauliques de Mons. "Avant de faire tomber le pont, nous avions installé un matelas d’empierrement au fond du canal qui émergeait légèrement. Le but était de permettre grâce à ce système une évacuation plus rapide des gravats."

Les différents éléments du pont sont broyés sur place, là aussi pour faciliter l’évacuation vers un centre de tri et de recyclage basé à Dour.

L’arrêt de la navigation est programmé jusqu’à lundi soir pour une réouverture mardi matin. "Mais il est possible que toutes les opérations d’évacuation soient déjà terminées dans la journée de dimanche", assure Stéphane Vercruysse.

Pas de reconstruction

Sauf revirement de situation, ce pont ne devrait pas être reconstruit. "Il faudrait déjà un montant de 3,5 millions rien que pour le pont en lui-même", poursuit l’ingénieur. "Et puis, il y a moyen de passer par le pont d’Harchies situé à un bon kilomètre de celui-ci et plus récent. En plus, tout le monde sait que le pont du Risqu’à Tout était situé à un carrefour particulièrement dangereux et accidentogène."

Il faudra simplement réaliser quelques aménagements afin que les automobilistes ne basculent pas dans le canal. "Par la suite, les talus seront redressés et des barrières de sécurité seront installées", conclut Stéphane Vercruysse.


Ne plus revivre le drame de 1992

Le pont d’Harchies est en service depuis juillet 2015 et présente plus de garanties que celui du Risqu’à Tout, fermé à la circulation pour raisons de sécurité depuis début 2016.

"Les ponts comme celui du Risqu’à Tout datent des années cinquante et sont dénommés ponts à bielles tendues", indique Stéphane Vercruysse. "Des câbles le soutiennent et ce procédé était réputé solide. Les câbles étaient placés dans des gaines. Pour éviter la corrosion, on assurait une protection par un coulis de ciment. Sauf qu’à l’époque, on maîtrisait mal les injections de ce coulis et des problèmes sont survenus dans les années nonante."

L’ingénieur rappelle qu’en 1992, un pont similaire s’était effondré à Melle, près de Gand, coûtant ainsi la vie à un camionneur. "Le camion transportait du carburant et avait pris feu à la suite du choc. Le chauffeur était décédé", précise ainsi Stéphane Vercruysse.

Les câbles de précontrainte soutenant ces ponts sont en grande partie noyés dans des fondations inaccessibles, ce qui complique la prévention et le contrôle de leur corrosion.

"Les ponts les plus vulnérables ont été identifiés et sont voués à la démolition. Il est très difficile d’y intervenir, d’y prendre des mesures. La solution la plus adéquate est donc de procéder à leur démolition", confirme l’ingénieur.

Les travaux en cours engendreront un coût de 137 000 euros TVAC, montant pris en charge par la Wallonie.