Hainaut Les étudiants de l’UMons présentent leurs projets de reconversion au Bois du Cazier.

Le musée de l’Industrie situé au Bois du Cazier à Marcinelle accueille jusqu’au 10 décembre une exposition atypique. Des étudiants en architecture de l’UMons y présentent leurs travaux. L’année dernière, ils ont planché sur des projets de reconversion de la tour Saint-Albert. A Binche, ce vestige de l’industrie minière est menacé de démolition.

"Les étudiants devaient transformer la tour en un incubateur d’entreprises", explique Jérémy Cenci, enseignant à l’UMons. "Le thème n’a pas été choisi au hasard. En effet, s’il y a déjà une Maison de l’Entreprise à Mons, ce type de structure manque dans la Région du Centre."

"Une architecture unique"

Pour Jérémy Cenci, "il y a un intérêt mémoriel à pouvoir conserver ce bâtiment emblématique d’une époque glorieuse de notre territoire dans le paysage. La population y est fortement attachée. Et au niveau de l’architecture, la tour présente des caractéristiques très intéressantes. Elle est unique en Région wallonne, voire à plus grande échelle. La tour pourrait faire l’objet de nombreux projets de reconversion. L’idée des enseignants de notre faculté était d’en faire un incubateur d’entreprises pour aider les entrepreneurs qui se lancent en leur offrant un site qui réponde à leurs besoins. C’est aussi une manière de répondre à une grosse demande dans la région".

Vendredi, les projets des étudiants ont été dévoilés en primeur à l’occasion de l’inauguration de l’exposition. A travers des maquettes, des dessins et autres plans, la tour Saint-Albert revit. Le bâtiment conserve ses caractéristiques qui le rendent unique. Mais d’un projet à l’autre, il se voit attribuer de nouveaux éléments à la fois esthétiques et fonctionnels. Mieux, les abords du site sont réaménagés en espace vert public.

"Mes grands-parents y ont travaillé"

Les graines d’architecte s’y sont données à cœur joie. A l’instar de Massimiliano Iscaro, aujourd’hui diplômé. Le jeune homme connaît bien cette tour Saint-Albert, il habite Ressaix. "Mes grands-parents y ont travaillé", confie Massimiliano. "Mais j’ai veillé à rester objectif dans mon travail."

Pour garantir cette objectivité, le Binchois a pu s’appuyer sur une grille d’évaluation élaborée par la faculté d’architecture de l’UMons. Elle repose sur différents critères tels que la qualité technique du bâtiment, son empreinte dans le paysage, son accessibilité ou encore son adaptabilité à des projets de reconversion. La grille a été appliquée à différents sites industriels du Hainaut pour déterminer ceux qui valaient la peine d’être sauvés. La tour Saint-Albert réalise pratiquement un sans-faute au test.

"Nous avons démontré qu’il était possible de sauver la tour. C’était un travail très stimulant, car il avait une portée politique", souligne Massimiliano Iscaro. "Actuellement, la Ville de Binche mise surtout sur son patrimoine médiéval. Mais elle dispose aussi d’un patrimoine industriel de grande valeur. Il faut en profiter. Au lieu d’un car-wash et d’une pompe à essence, un espace vert public pourrait être aménagé aux abords de la tour, avec de la pétanque pour les vieux et des jeux pour les enfants. Je connais bien le quartier, je suis sûr que ce serait tout le temps bondé."