Hainaut Le personnel, soutenu par la SETca, exige le licenciement de la coordinatrice.

Depuis près de 15 ans, le personnel de l’ASBL Garance, située à Boussu, tire la sonnette d’alarme et dénonce les pressions dont il fait l’objet. Dans leur collimateur, la coordinatrice Katty Pirmez, jugée en grande partie responsable du climat détestable qui règne au sein de la structure. Les tentatives d’apaisement ayant échoué, la SETca Mons-Borinage a décidé d’aller plus loin.

Ce lundi à partir de huit heures, le personnel sera en grève. "Une trentaine de militants de la SETca Mons-Borinage viendront soutenir les travailleurs de Garance et occuperont les lieux tant que les travailleurs n’auront pas été entendus", annonce Patrick Salvi, secrétaire régional. "Il y a plus de 15 ans que la SETca dénonce les conditions de travail au sein de l’institution et plus particulièrement le comportement de la coordinatrice."

Plusieurs actions sans effet

La revendication est claire et le personnel semble déterminé à aller au finish pour obtenir le licenciement de Katty Pirmez. "Malgré les multiples interpellations auprès du conseil d’administration durant toutes ces années, le comportement de la coordinatrice n’a pas changé. Bien du contraire, elle a constamment reçu le soutien des administrateurs, qui sont quasiment tous des élus socialistes."

Ces dernières années, plusieurs actions de grogne avaient été organisées, sans qu’aucun changement ne soit constaté. Plusieurs courriers anonymes étaient d’ailleurs parvenus à notre rédaction avant que deux employées ne prennent le téléphone et n’acceptent de témoigner dans nos colonnes anonymement par crainte de représailles.

"Méchancetés, mensonges, insultes, menaces, pressions et sous-entendus empoisonnent nos vies", avaient énuméré l’une d’elles. "Cela a des répercussions sur notre travail évidemment, mais également sur notre vie sociale et notre santé. Plusieurs travailleurs sont en arrêt maladie ou préfèrent démissionner."

Notons enfin que le personnel avait dénoncé une détérioration du climat alors que Jacques Chamelot avait endossé la fonction d’administrateur-délégué. De son côté, l’ASBL n’a que rarement souhaité réagir à ces différents propos, estimant qu’ils n’étaient que l’œuvre de quelques travailleurs et non de l’ensemble.


Des "leaders" pointés du doigt

Constituée de 45 travailleurs, l’ASBL Garance a pour objet social l’organisation d’activités d’école des devoirs et d’accueil extrascolaire. Régulièrement sous le feu des critiques, l’institution l’était une nouvelle fois en février 2017 alors que par un vent favorable, nous avions reçu la fiche de paie de Jacques Chamelot, qui occupait depuis le mois de juin 2016 le poste d’administrateur-délégué. Finalement dépassé par la charge de travail qui lui incombait, ce dernier avait quitté ses fonctions le 14 février dernier. Seulement voilà, grâce à ses jetons de présence, il aurait perçu 3 379 euros bruts, soit 2 450 euros nets… alors qu’aucun contrat de travail ne régit la fonction ni même les rémunérations éventuelles. Notons enfin que le principal intéressé bénéficie du statut d’invalide auprès de l’Inami. De quoi susciter l’interrogation et craindre une nouvelle polémique au sein d’une structure déjà pointée du doigt.